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Coopération euro-africaine : Hugues Ongoundou et Pierre Ippolito tracent les bases d’un partenariat économique structurant

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Hugues Ongoundou, président des communautés africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco, a récemment rencontré Pierre Ippolito, président du Groupe Ippolito, entreprise centenaire implantée dans plusieurs secteurs stratégiques. Cette rencontre vise à structurer un ambitieux programme de coopération économique entre le sud de la France et plusieurs pays africains, fondé sur l’investissement productif, la formation professionnelle et le transfert durable de compétences.

La rencontre entre les deux responsables ne relève pas d’un simple échange protocolaire. Elle s’inscrit dans une réflexion stratégique plus large sur la redéfinition des relations économiques entre l’Europe et l’Afrique. Dans un contexte où les modèles traditionnels d’investissement sont de plus en plus questionnés, les deux hommes ont exploré les bases d’un partenariat reposant sur la co-construction et la création de valeur partagée. L’objectif affiché est de bâtir une coopération équilibrée, orientée vers des résultats concrets et mesurables.

Entrepreneur engagé et acteur influent de la diaspora gabonaise, Hugues Ongoundou défend une approche pragmatique du développement économique. Pour lui, les diasporas africaines constituent un levier stratégique sous-exploité, capable de servir de pont entre les écosystèmes économiques européens et les marchés africains en croissance. De son côté, Pierre Ippolito, à la tête d’un groupe fort de plus d’un siècle d’existence, entend inscrire son entreprise dans une dynamique internationale innovante et responsable.

Investissement productif et transfert de compétences au cœur du projet

Au centre des discussions figure la mise en place d’un programme d’investissement diversifié dans plusieurs secteurs porteurs en Afrique. L’ambition est de dépasser la logique d’exportation de capitaux pour privilégier des implantations structurantes, intégrant les réalités locales et favorisant l’émergence d’acteurs économiques nationaux solides. Cette stratégie repose notamment sur la création de joint-ventures avec des partenaires africains, afin de garantir une implication directe des opérateurs locaux dans la gouvernance des projets.

La formation professionnelle constitue l’un des piliers majeurs de cette coopération. Les deux parties envisagent la création d’écoles spécialisées destinées à former localement des jeunes aux métiers techniques et stratégiques correspondant aux besoins réels du marché. L’objectif est clair : assurer un transfert de compétences durable, réduire la dépendance à l’expertise extérieure et renforcer l’employabilité des talents locaux. Une telle démarche permettrait d’ancrer les investissements dans une logique de développement à long terme.

Nice comme hub euro-africain stratégique

Au-delà des projets sectoriels, la vision commune portée par Hugues Ongoundou et Pierre Ippolito inclut la création d’un corridor économique structuré entre les Alpes-Maritimes, Monaco et plusieurs capitales africaines. L’idée de positionner Nice comme un hub euro-africain majeur apparaît comme un axe central de cette ambition. Une meilleure connectivité aérienne, notamment via l’Aéroport Nice Côte d’Azur, pourrait faciliter la circulation des entrepreneurs, des investisseurs, des étudiants et des experts entre les deux continents.

Une telle dynamique renforcerait la compétitivité du territoire azuréen tout en offrant aux économies africaines un accès privilégié à un réseau européen structuré. Cette approche s’inscrit dans une logique « gagnant-gagnant », où la performance économique s’accompagne d’une responsabilité sociale affirmée. En misant sur la transparence, la coopération et la co-construction, les initiateurs du projet entendent rompre avec les modèles déséquilibrés du passé.

Cette rencontre marque ainsi une étape importante vers une coopération économique renouvelée entre l’Europe et l’Afrique. Reste désormais à traduire cette vision en projets opérationnels, dotés de mécanismes de suivi clairs et d’objectifs chiffrés. Car au-delà des intentions, c’est la capacité à produire des résultats tangibles qui déterminera la portée réelle de cette initiative ambitieuse.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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