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Abidjan : l’ANPI-Gabon appelle à accélérer les investissements pour la souveraineté alimentaire

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Réunie le 9 avril 2026 à Abidjan lors de la 8ᵉ Conférence annuelle du RIAFPI, l’ANPI-Gabon, conduite par son Directeur général Ghislain Moandza Mboma, a plaidé pour une transformation concrète des engagements en faveur des chaînes de valeur agroalimentaires. Dans un contexte de dépendance alimentaire persistante, cette mobilisation vise à positionner les agences de promotion des investissements comme des leviers stratégiques de souveraineté économique.

La participation de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI-Gabon) à cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans un contexte où la question de la souveraineté alimentaire s’impose comme une priorité stratégique pour les États africains. Face à la volatilité des marchés internationaux et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la capacité à produire localement devient un impératif économique et politique.

Transformer les discours en leviers d’investissement

Placée sous le thème « Renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires pour garantir la souveraineté alimentaire », la conférence a réuni plus de 200 participants issus des sphères publiques et privées. Parmi eux, plusieurs figures institutionnelles, dont des ministres ivoiriens et des représentants d’organisations internationales, ont convergé vers un même diagnostic : l’Afrique francophone doit accélérer la structuration de ses filières agricoles.

Dans ce contexte, le Directeur général de l’ANPI-Gabon et Président du RIAFPI, Ghislain Moandza Mboma, a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des intentions. « Il est impératif de transformer nos engagements en actions concrètes », a-t-il déclaré, appelant à l’intégration effective des recommandations dans les stratégies nationales et régionales.

L’approche défendue repose sur une articulation claire entre attractivité des investissements, structuration des chaînes de valeur et coopération entre agences. L’objectif est de faire des APIs non plus de simples facilitateurs administratifs, mais de véritables catalyseurs de transformation économique.

Une souveraineté alimentaire encore sous contrainte

Si le discours se veut volontariste, la réalité reste marquée par une forte dépendance alimentaire. Au Gabon comme dans de nombreux pays de la sous-région, une part importante des produits alimentaires consommés est encore importée, exposant les économies aux chocs externes.

Cette situation met en lumière un paradoxe : malgré un potentiel agricole important, les chaînes de valeur locales peinent à se structurer. Les contraintes sont multiples : faiblesse des infrastructures, accès limité au financement, insuffisance de transformation locale et déficit de coordination entre acteurs.

C’est précisément sur ces points que le RIAFPI entend agir. Les priorités évoquées, notamment la création d’une Académie d’Excellence, la mise en place d’un cadre permanent de dialogue et le renforcement du partage d’expériences, traduisent une volonté de professionnalisation et de montée en compétence des acteurs.

L’ANPI-Gabon en position de pivot stratégique

Dans cette dynamique, l’ANPI-Gabon se positionne comme un acteur clé de la mobilisation des investissements. En mettant l’accent sur les chaînes de valeur agroalimentaires, l’agence s’inscrit dans une logique de diversification économique, essentielle pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Cette orientation est cohérente avec les enjeux nationaux. Le développement de filières agricoles compétitives pourrait non seulement améliorer la sécurité alimentaire, mais aussi créer des emplois, stimuler les PME et renforcer l’intégration économique régionale.

Toutefois, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité à traduire ces orientations en projets concrets et financés. L’enjeu n’est plus seulement de mobiliser des discours, mais d’aligner politiques publiques, financements et initiatives privées autour d’objectifs communs.

Entre ambition collective et défis d’exécution

Au-delà des déclarations, la conférence d’Abidjan met en évidence une réalité structurante : la souveraineté alimentaire ne peut être atteinte sans une transformation profonde des modèles économiques. Cela implique des investissements massifs, une meilleure coordination régionale et une gouvernance plus efficace des projets.

Pour le Gabon, cette dynamique représente une opportunité, mais aussi un test. L’implication de l’ANPI-Gabon au sein du RIAFPI offre une plateforme pour influencer les orientations stratégiques, mais exige en retour des résultats tangibles sur le terrain.

Dans un contexte où la sécurité alimentaire devient un enjeu de stabilité nationale, la capacité à structurer des chaînes de valeur locales compétitives pourrait bien devenir l’un des principaux indicateurs de performance des politiques économiques à venir.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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