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Gabon: «le règlement en famille», un frein aux dénonciations d’agressions sexuelles

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Alors que le Code pénal gabonais a connu un renforcement qualitatif en vue de lutter efficacement contre les agressions sexuelles au Gabon, l’application des peines exemplaires à l’encontre des auteurs se heurte à une pratique sociétale. Il s’agit du « règlement en famille » des différends et ce, même si les infractions querellées sont des viols sur mineures de moins de 15 ans ou coups et blessures volontaires.

« N’emmenez pas d’abord l’affaire devant la justice, on peut s’asseoir et tirer les oreilles de l’enfant », c’est une des phrases les plus usuelles quand il s’agit de couvrir la faute d’un potentiel danger de la société. En effet, qu’il s’agisse d’un délit ou d’un crime, les populations sont de moins en moins disposées à dénoncer les pratiques flagrantes et attentatoires à l’ordre public. C’est ainsi que les cas de violences psychologiques sur une mineure vont conduire à un dépucelage forcé.

En ce sens que les harcèlements verbaux d’un individu consanguin ou d’un proche ne sont que très rarement dénoncés. Au quartier Mindoube 3 dans le 5ème arrondissement de Libreville, une affaire avait fait grand bruit lorsqu’un oncle avait ôté la virginité d’une de ses nièces mineures. Seulement, la victime révèle que dès les premières paroles de séduction de son oncle, elle avait alerté leurs proches qui avaient alors placé ces agissements sous le coup « d’un mauvais esprit » à l’issue d’une réunion de famille. 

Le bourreau avait donc attendu 2 ans pour revenir à la charge et mettre à exécuter son besogneux et incestueux plan. Les parents qui avaient cru bon de « régler le problème en famille » ont fini par consolider ces dérapages sociétaux. Il en est de cas similaires dans d’autres quartiers dans le Grand Libreville mais également dans l’hinterland où la justice n’est souvent consultée qu’en dernier ressort. Toute chose qui constitue d’emblée un frein aux dénonciations d’agressions sexuelles qui concourent à installer un climat de quiétude autour de la jeune fille mais également du jeune homme. Vivement que la justice gabonaise s’attèle à sanctionner les initiatives familiales visant à couvrir ces crimes.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme.Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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