A La UneDerniers articlesPOLITIQUE

Biahodjow : « qu’est-ce que le Gabon gagne avec tiktok, Facebook et Google ? »

Ecouter l'article

En marge du Procom Forum, tenu le 2 avril 2026, le ministre de la Communication et des Médias, a remis en cause le rôle des réseaux sociaux. En effet, dans un entretien accordé à notre confrère Direct Info Gabon, Germain Biahodjow s’est interrogé sur le rôle capital de ces plateformes numériques qui garantissent des entrées considérables sous d’autres cieux et pas au Gabon. Et ce, dans une ère où les internautes glissent facilement dans l’activisme.

Le constat n’est certes pas éloquent, mais la position du ministre de la Communication semble empreinte de fermeté. Pour Germain Biahodjow le gain actuel des réseaux sociaux dans notre pays serait nul. Pire, il y voit un vecteur de « dégradation de l’image de l’État ». Le membre du gouvernement a déploré que l’économie des « likes » profite exclusivement à des particuliers sans que le fisc gabonais n’en perçoive la moindre redevance.

Liker, une activité peu appréciée par l’État gabonais !

Pour pallier ce manque à gagner apparent, le gouvernement gabonais entend s’inspirer des modèles français, canadien ou australien. Le but est d’imposer un cahier des charges national pour forcer les géants du net, à une redistribution des revenus publicitaires et au paiement d’impôts locaux. D’ailleurs Germain Biahodjow a annoncé la tenue prochaine d’un forum national sur les réseaux sociaux. 

Cette plateforme qui devrait réunir sur la même table,société civile et experts du numérique, se voudra la clé de voûte d’une maîtrise locale de ces plateformes numériques. Cependant, affirmer sous-entendre que le Gabon n’a pas d’intérêt avec Facebook, Tik Tok voire Google avec TikTok, c’est méconnaître l’écosystème du numérique et son économie. Aussi, la comparaison avec l’Australie ou la France est flatteuse mais disproportionnée. 

Comparaison n’est pas raison

Et pour cause, ces pays disposent de marchés de consommation vastes et de leviers juridiques que le Gabon, seul, peine à mobiliser. L’affirmation selon laquelle l’État ne gagne « rien » omet l’aspect indirect de l’économie numérique. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le principal canal de visibilité pour les PME locales, les créateurs de contenus et le secteur informel, qui contribuent indirectement à la consommation et à la vitalité économique du pays.

Par ailleurs, l’incohérence chronologique du discours du ministre qui affirmait quelques jours plus tôt que des accords satisfaisants avaient été trouvés avec ces mêmes plateformes, interroge. La bonne conduite des échanges était même à l’origine de la levée progressive de la suspension des réseaux sociaux prise le 17 février 2026 par la HAC. Cette instabilité sémantique amène inéluctablement à se demander si le gouvernement cherche réellement une solution structurelle. Nous y reviendrons !

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page