Routes économiques au Gabon : la technologie «Top seal» bloquée faute de financement

Présentée comme une alternative innovante et économique au bitumage classique, la technologie “Top seal”, validée par le gouvernement gabonais, attend toujours son déploiement sur la route Koumameyong-Booué. En cause : des lenteurs administratives et un retard de décaissement qui freinent sa mise en œuvre.
Au Gabon, une révolution technologique dans la construction routière pourrait bien changer la donne pour les nombreuses voies encore non revêtues. Baptisée “Top seal”, cette technologie développée par la société américaine Terra Pave International, repose sur une émulsion polymère capable de stabiliser les sols à moindre coût. Validée par l’université du Texas, elle s’adapte particulièrement aux routes rurales ou secondaires, souvent soumises à l’érosion et à l’envasement.
Un projet pilote suspendu à un déblocage budgétaire
Séduite par cette innovation, l’administration gabonaise avait décidé de l’expérimenter sur l’axe Koumameyong-Booué, dans le centre du pays. Mais plusieurs mois après son annonce, aucun chantier n’a été lancé. Selon des sources proches du dossier, le retard est imputable à un blocage financier au niveau des services compétents. « Le ministre d’État aux Travaux publics a sollicité à deux reprises son collègue des Comptes publics pour accélérer le processus. Sans succès jusqu’ici », confie un cadre du ministère.
Cette lenteur compromet l’objectif affiché d’améliorer rapidement l’état du réseau routier national. Pourtant, les avantages sont clairs : durcissement de la surface, renforcement de la base, fixation des poussières, limitation de l’érosion et prolongement de la durée de vie des routes d’au moins dix ans.
Une technologie adaptée aux défis du territoire
« Le Top seal est une solution particulièrement efficace pour les sols argileux et instables, très fréquents au Gabon », explique un expert en génie civil. Une fois appliquée, la route prend l’apparence d’un bitume léger mais reste bien plus économique. Face aux besoins d’infrastructures et à la pression budgétaire, ce type d’innovation apparaît comme un compromis stratégique pour le développement territorial.
Alors que le pays connaît un regain d’ambition en matière de connectivité intérieure, il reste à espérer que les lourdeurs administratives ne freinent pas davantage une technologie qui pourrait redéfinir les standards de la route en milieu rural.
GMT TV