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Présidentielle 2025 : et si les vrais débats avaient enfin lieu ?

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À moins de deux semaines d’un scrutin présenté comme historique, les Gabonais sont en droit d’attendre davantage de clarté et de confrontation d’idées de la part des huit candidats à la magistrature suprême. Dans un contexte de transition politique, où la parole publique est scrutée, comment comprendre que les débats électoraux restent encore confinés à des formats archaïques, où les porte-parole prennent la parole à la place des candidats eux-mêmes, dans des émissions balisées et convenues, souvent animées par des journalistes issus du service public ?

La présidentielle du 12 avril prochain offre une opportunité rare : celle d’enraciner la culture démocratique dans le débat contradictoire, à armes égales, entre prétendants au pouvoir. Pourtant, à ce jour, aucun débat présidentiel digne de ce nom n’a été proposé. Et c’est là que le bât blesse : ceux qui sollicitent le suffrage universel doivent avoir le courage de venir défendre eux-mêmes leur vision, leur projet, leur bilan quand il y en a un, devant les Gabonais, en toute transparence et sans filtre.

Le temps des joutes démocratiques sincères

Le Gabon n’est pas une monarchie où le choix d’un successeur se fait en coulisses ou à huis clos. C’est une République, encore fragile mais pleine d’espérance, où chaque citoyen doit pouvoir juger la valeur de ses dirigeants à la lumière des idées qu’ils portent. Dès lors, il est temps d’en finir avec les simulacres de débats, les panels de communicants alignant des éléments de langage formatés, ou les échanges complaisants où les journalistes triés sur le volet se contentent de questions anodines.

Les Gabonais veulent voir Oligui Nguema, Bilie-By-Nze, Zenaba Gninga Chaning, Joseph Lapensée Essingone, Stéphane Iloko, Axel Ibinga, Boungouères et Ngoma débattre, ensemble, sur les plateaux, sur les vrais enjeux : la santé, l’emploi, la justice sociale, l’économie, la gouvernance, la souveraineté, l’unité nationale. Pas par porte-paroles interposés, mais en personne, face au peuple, avec franchise, confrontation et respect.

Car refuser de débattre, c’est déjà trahir l’esprit démocratique. C’est montrer que l’on ne veut pas convaincre, mais conquérir. Le CTRI, qui se veut promoteur d’une nouvelle ère, ne peut se satisfaire de débats truqués ou convenus. Il doit garantir l’organisation d’un Grand Débat national, retransmis en direct sur les télévisions publiques et privées, en partenariat avec les médias indépendants, pour que chaque citoyen puisse juger les idées, les personnalités et les projets.

La présidentielle 2025 sera-t-elle le théâtre d’un renouveau démocratique ou d’un théâtre d’ombres ? Le choix appartient désormais aux candidats. Qu’ils parlent haut, qu’ils parlent vrai, mais surtout, qu’ils viennent eux-mêmes devant le peuple.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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