Orientation en 6eme : 400 recours en une journée suite aux vœux non respectés

Une vague de mécontentement déferle sur les parents d’élèves au Gabon après la publication des résultats d’orientation en 6ème, le 21 août 2025. Près de 400 recours ont été déposés en une seule journée auprès du Secrétariat d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle (Sosup), l’instance chargée de gérer ces affectations. Les familles, furieuses, dénoncent le non-respect de leurs vœux.
Avec des enfants orientés dans des établissements éloignés de leur domicile, parfois à des dizaines de kilomètres, les parents crient au scandale. Une situation en droite ligne avec la nouvelle procédure d’orientation mise en place par le ministère de l’Éducation nationale, via la plateforme numérique « e-Formation.net ». Lancée pour rationaliser les affectations et réduire la dépendance aux systèmes privés, elle a concerné 49 640 élèves issus de la 5e année primaire. Ainsi, la priorité est donnée aux établissements publics, au nombre de 811 dans le pays, avant de recourir aux 2 285 écoles privées laïques en cas de saturation.
Les élèves désorientés ?
Les raisons du courroux des parents d’élèves sont multiples. La majorité rapporte que leurs choix initiaux, exprimés lors de la phase de soumission des préférences, ont été ignorés voire changés sans leur aval. Par exemple, une mère résidant à Owendo a soutenu qu’un de ses fils aurait été orienté dans un collège à Akanda. Une autre internaute, sur la page Facebook du Secrétariat d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle (SOSUP), qui collabore étroitement avec la DGEC, s’interroge : « Comment expliquer que ma fille de 10 ans, scolarisée au centre-ville de Libreville, se retrouve mystérieusement orientée au Lycée CIM Gabon, avec une école de provenance indiquée à Ntoum ? ».
Ces anomalies soulèvent des soupçons d’inégalités, certains enfants bénéficiant d’une prise en charge totale par l’État tandis que d’autres imposent des charges financières aux familles. La procédure de recours, ouverte jusqu’au 30 août, juste avant la rentrée scolaire, ajoute au casse-tête. Les parents doivent fournir des documents légalisés, comme des actes de naissance et des certificats de résidence, entraînant des files d’attente interminables aux mairies de Libreville. En réaction, Jérémie Mikombo, secrétaire permanent du SOSUP, a expliqué le fonctionnement du système. « Ce n’est qu’en cas de saturation des établissements publics que des places sont attribuées dans le privé, parfois prises en charge par l’État. ». Un imbroglio inopportun à la veille de la rentrée des classes.
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