Nigeria : l’ancien président Muhammadu Buhari est mort à 82 ans à Londres

L’ancien président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, est décédé ce dimanche 13 juillet 2025 à Londres, à l’âge de 82 ans, des suites d’une longue maladie. L’annonce a été faite en milieu d’après-midi par un porte-parole du président en exercice, Bola Ahmed Tinubu.
C’est sur le réseau social X (anciennement Twitter) que la présidence nigériane a officialisé la nouvelle : « Le président Buhari est décédé aujourd’hui à Londres, vers 16h30 (15h30 GMT), après une longue période de maladie. » Cette annonce met fin à plusieurs semaines de rumeurs persistantes sur l’état de santé de l’ancien chef d’État, régulièrement hospitalisé à l’étranger depuis la fin de son mandat.
Un homme d’État aux deux visages
Figure majeure de l’histoire politique du Nigeria, Muhammadu Buhari aura marqué de son empreinte l’évolution institutionnelle du géant ouest-africain. Ancien général de l’armée, il accède au pouvoir une première fois en janvier 1984, après un coup d’État militaire. Son régime autoritaire ne durera qu’un an et demi, renversé à son tour en août 1985. Trois décennies plus tard, il revient à la tête de l’État, cette fois par les urnes, en 2015, et est réélu en 2019.
Lors de son accession démocratique au pouvoir, Buhari s’était engagé à lutter contre la corruption endémique, à restaurer la sécurité et à relancer une économie en crise. Mais son bilan reste contrasté. Si des efforts ont été faits pour renforcer certaines institutions de contrôle, l’instabilité sécuritaire liée à Boko Haram, les tensions communautaires, ainsi que la récession de 2016 et la crise monétaire de 2020 ont affaibli son leadership.
Un décès symbolique, en pleine transition démocratique
Son décès intervient dans un contexte de transition politique et économique sous la présidence de Bola Tinubu, élu en 2023, et qui s’efforce de réorienter la gouvernance nigériane. Le pays, confronté à des défis multiples, voit ainsi disparaître l’un de ses plus emblématiques mais aussi plus controversés dirigeants.
À Abuja comme dans le nord du pays, dont Buhari était originaire, des réactions de deuil et de recueillement sont attendues dans les heures à venir. Aucune précision officielle n’a encore été donnée sur les dispositions liées à ses obsèques.
Le Nigeria, pays de 220 millions d’habitants, perd une figure historique. Et l’Afrique, un témoin direct de ses mutations politiques post-coloniales.
GMT TV