Gabon : seulement 7 000 km de routes bitumées 66 ans après l’indépendance

66 ans après son indépendance, le Gabon affiche un retard important en matière d’infrastructures routières, avec à peine 7 000 kilomètres de routes bitumées, selon un constat sans appel dressé par le gouvernement dans son Plan national de croissance et de développement. Ce chiffre, modeste au regard de la superficie et des ambitions économiques du pays, illustre les limites d’un modèle de développement longtemps centré sur l’exploitation des ressources naturelles, au détriment des investissements structurants. Le réseau routier demeure inégalement réparti, concentré autour de Libreville et de quelques axes stratégiques, laissant de vastes zones enclavées.
Sous le long règne de Omar Bongo (1967-2009), les infrastructures n’ont pas connu l’essor attendu malgré des revenus pétroliers importants. La priorité donnée à la stabilité politique et à la centralisation du pouvoir s’est traduite par un développement limité des réseaux de transport. Son successeur, Ali Bongo Ondimba, a tenté d’inverser cette tendance à travers plusieurs programmes de modernisation. Son action a notamment permis de désenclaver une partie du sud du pays, améliorant la connectivité du corridor Lambaréné – Lébamba, sans toutefois combler le déficit structurel.
Un retard et des ambitions de développement
Aujourd’hui, le réseau routier national, dont seulement 30 % est pavé, continue de freiner la mobilité des personnes et des biens. Les infrastructures ferroviaires, dominées par le Transgabonais, sont saturées et principalement tournées vers le transport minier. À cela s’ajoutent des difficultés dans les secteurs énergétique et numérique avec seulement 67 % de la population qui a accès à l’électricité, tandis que la couverture internet reste limitée en zones rurales. Les infrastructures portuaires, notamment à Owendo, souffrent de congestion et de coûts logistiques élevés, pénalisant la compétitivité économique du pays.
Face à ce constat, les nouvelles autorités entendent accélérer la transformation du pays à travers le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Ce programme ambitieux vise à moderniser et étendre le réseau routier, relier les capitales provinciales, renforcer les corridors régionaux et améliorer l’entretien des infrastructures existantes. Il prévoit également la construction de ponts, la réhabilitation de grands axes et le bitumage de centaines de kilomètres de routes. L’objectif est de réduire les fractures territoriales, stimuler la croissance et faire du Gabon un espace économique intégré, connecté et compétitif. Si ces intentions sont louables, la sécurisation des financements et surtout la mal gouvernance demeurent des défis persistants.









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