Gabon : l’axe Mbadi-Moabi, oublié par les Travaux publics

Dans le grand Sud, l’axe Mbadi-Moabi, long de 70 kilomètres, est devenu le symbole d’un abandon criant des politiques publiques. Réduit à l’état de piste d’éléphants, ce tronçon censé relier Mbadi, dans la Douya Onoye, à Moabi, chef-lieu du département de Douigny, illustre les défaillances persistantes du ministère des Travaux publics.
Une route stratégique transformée en calvaire. Alors que l’on se félicite encore de l’asphaltage de l’axe Mouila-Ndendé réalisé sous le premier mandat d’Ali Bongo Ondimba, l’itinéraire Mbadi-Moabi demeure un véritable chemin de croix. À Mokoko-Mbaka, petite bourgade posée sur cette route, le quotidien est rythmé par les bourbiers, les accidents et l’isolement économique. Pour les populations, rejoindre un marché, un centre de santé ou simplement rallier Moabi est devenu un défi de survie.
« Ici, nous ne parlons même plus de route. C’est une piste d’éléphants », déplorent les habitants, excédés par des décennies de promesses restées sans suite.
Des aveux ministériels qui sonnent comme un constat d’impuissance
Edgard Moukoumbi, ministre des Travaux publics, a reconnu que son département « fait face à un problème de disponibilité de ressources humaines ». Mais derrière cet aveu, c’est toute l’incapacité de l’État à réhabiliter un axe vital qui se dessine. Car faute d’infrastructures, ce sont les citoyens qui paient la facture : véhicules détruits, produits agricoles invendables, mobilité compromise.
À l’heure où le gouvernement promet de mettre l’accent sur les infrastructures et la souveraineté économique, comment justifier qu’un chef-lieu de département reste enclavé par une route impraticable ?
L’urgence d’une réponse concrète
La population de Moabi et de l’ensemble du département de Douigny attend des actes, pas des discours. Cet axe n’est pas seulement un ruban de bitume manquant : c’est un lien vital pour l’économie locale, la circulation des biens et des personnes, et l’intégration de la Nyanga dans la dynamique nationale.
Chaque jour qui passe sans travaux renforce le sentiment d’abandon et d’injustice territoriale. Et derrière ce tronçon oublié, se dessine une vérité plus large : tant que les routes resteront des « éléphants blancs », la promesse de développement restera lettre morte.
GMT TV