Gabon : la diphtérie, une maladie qui touche les enfants de moins de 5 ans

La diphtérie, maladie que l’on croyait presque disparue, a refait surface au Gabon. Fin 2023, trois cas suspects ont été signalés à Bitam, dans la province du Woleu-Ntem. L’un des enfants, âgé de 9 ans, n’a pas survécu. Une résurgence inquiétante qui rappelle que cette infection bactérienne reste bien présente et surtout dangereuse pour les plus jeunes.
Les enfants de moins de 5 ans sont les plus exposés. À cet âge, leur système immunitaire est encore en construction. Et pour nombre d’entre eux, la vaccination contre la diphtérie n’est pas complète. Dans certaines zones rurales, la couverture vaccinale est loin d’être suffisante. Un risque connu des autorités sanitaires, mais que la récente flambée de Bitam vient dramatiquement illustré.
Une maladie évitable, mais qui tue vite
Pour rappel, le vaccin contre la diphtérie est administré en trois doses dans la première année de vie, avec un rappel vers 9 mois. Il est gratuit dans les centres de santé publique. Pourtant, de nombreux enfants ne reçoivent pas ce schéma complet, faute d’accès, d’information ou par négligence. Transmise par voie respiratoire ou par contact direct, la diphtérie provoque une inflammation sévère de la gorge pouvant bloquer les voies respiratoires. Sans traitement rapide notamment sérum antitoxique et antibiotiques l’issue peut être fatale, surtout chez les plus jeunes.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité peut atteindre 20 % chez les enfants de moins de 5 ans. Le danger est réel, d’autant que le diagnostic est souvent tardif, faute de surveillance suffisante ou de moyens dans certains hôpitaux. La mission du ministère de la Santé, dépêchée en février dernier à Bitam, a permis de contenir la situation. Mais l’épisode sonne comme un avertissement : la vigilance doit être renforcée. Le Gabon n’est pas à l’abri d’une flambée épidémique si la vaccination n’est pas élargie et poursuivie avec rigueur.
Au-delà des autorités, c’est toute la communauté qui doit se mobiliser , les familles, professionnels de santé, leaders communautaires. Les vaccins sauvent des vies. Encore faut-il qu’ils atteignent tous les enfants. En bref, la diphtérie n’est pas une maladie du passé. Au Gabon, elle circule toujours et menace les plus petits. Le meilleur rempart reste la vaccination. Une priorité de santé publique à ne surtout pas reléguer au second plan.
GMT TV