Gabon : Dr. Ella s’interroge sur la place de l’expertise nationale dans les projets infrastructurels

Si le projet Libreville 2, vise à désengorger la capitale et moderniser l’espace urbain, il reste que le choix d’un expatrié pousse à s’interroger sur la place de l’expertise nationale dans les projets infrastructurels. À ce propos, Arland Narcisse Ella, expert en développement communautaire a apporté son éclairage suite à une interview accordée à Gabon Média Time.
Devant la relégation des ingénieurs et architectes gabonais au profit de profils étrangers tel que, Pierre Goudiaby Atepa, architecte reconnu sénégalais. Celà soulève des interrogations quant à la valorisation des nationaux. Une situation qui a su titiller Dr Arland Narcisse, qui estime inconcevable cette action, surtout dans une nation qui prône le changement et le Gabon d’abord.
Quelle place pour les compétences locales ?
Pour le Dr. Arland Narcisse, « le choix d’un architecte étranger pour Libreville 2 pose un sérieux paradoxe au regard du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) récemment lancé au Gabon. ». En effet, ce programme qui met l’accent sur le développement local, l’amélioration supérieure des conditions de vies des populations et la dynamisation de l’économie nationale, vise à autonomiser les communautés à travers l’investissement de base et la promotion des locaux.
Or, le constat est autre, « comment concilier cette ambition avec des décisions qui écartent nos propres experts ? », s’interroge le Dr. Arland Narcisse. Si la philosophie du PUDC est de privilégier les ressources locales et d’encourager les talents nationaux, alors le projet Libreville 2 devrait suivre cette« dynamique en impliquant les architectes, urbanistes et ingénieurs gabonais dès sa conception », souligne t-il.
Si une partie des fonds alloués doit traverser la frontière, que restera t-il aux gabonais limités dans les opportunités professionnelles? Dans cette optique, le gouvernement gagnerait à instaurer une politique de préférence nationale, encourageant l’implication des architectes et ingénieurs locaux. Car Libreville 2 n’est pas qu’un simple projet urbain, c’est « un symbole qui, pour être pleinement porteur d’avenir, doit être conçu, pensé et bâti par ceux qui font le Gabon d’aujourd’hui et demain.»
GMT TV