Éboulements aux PK : l’État coupable d’immobilisme face à l’urgence !

Dans la nuit du 30 mars au 31 mars 2025, un nouvel éboulement au PK6 a coûté la vie à une fillette de 8 ans et blessé sa sœur, ensevelie sous les décombres de leur maison. Ces événements, liés aux pluies diluviennes, révèlent un problème structurel : l’urbanisation anarchique et l’inaction des pouvoirs publics en dépit d’un bilan humain et matériel des plus accablants.
C’est un drame s’ajoute à une longue liste : en octobre 2022, 7 membres d’une même famille périssaient au PK8, derrière le Marché Banane, et en 2020, trois enfants disparaissaient à Mindoubé 1. Autant dire que les deux décès enregistrés dans la nuit du 31 mars 2025 aux quartiers Pk6 et Alenakiri-Rail auraient dû et pu être évités. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? l’État aurait donc dû s’y pencher.
Origine de ces habitats précaires et mortuaires !
Il n’est plus question de faire la fine bouche chers dirigeants. Le Grand Libreville est confrontée à un boom démographique. Résultat, ses collines et cuvettes se retrouvent colonisées par des habitations précaires, souvent construites sans respect des normes. Des quartiers comme PK 6, PK 7 ou PK8, situés en aval de pentes instables, concentrent des milliers de familles vulnérables.
Christian Bernard Makaya, ingénieur en géologie, alerte depuis des années sur les risques. Dans une analyse de la situation, il soulignait le danger de construire sans piliers porteurs ou systèmes de drainage dans les PK. Pour cet expert, le faire c’est jouer avec la mort. Pourtant, malgré les alertes, l’exécution sous Ali Bongo Ondimba comme sous Brice Clotaire Oligui Nguema tarde à reloger ces populations.
Promesses politiques et réalités amères
En 2022, après le drame du PK8, le gouvernement promettait un « Code de l’urbanisme » adapté pour réguler les constructions. Trois ans plus tard, le texte reste lettre morte. Les annonces de relogement, comme celles faites par Ali Bongo Ondimba après sa visite médiatisée en 2022, se heurtent à la réalité. Que dire du programme de 5 000 logements annuels, promis dès 2009 ? Il n’a jamais vu le jour.
Si dès son arrivée, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a installé des casernes de pompiers de proximité, les services de secours manquent cruellement de moyens pour intervenir efficacement. Était-ce un laisser-faire stratégique de l’État ? Face à l’immobilisme, des familles, prises au piège entre pauvreté et insécurité, n’ont d’autre choix que d’y rester.
Combien de morts faudra-t-il pour que l’habitat anarchique soit traité comme une urgence nationale ? Alors que le réchauffement climatique intensifie les précipitations, l’absence de politique d’urbanisme cohérente condamne des centaines de Gabonais à vivre sous la menace. La balle est désormais dans le camp de l’État, dont la crédibilité se mesure à sa capacité à protéger ses citoyens.
GMT TV