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CEMAC : le Gabon réussit à contenir l’inflation en 2024, contrairement à ses voisins

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Alors que l’inflation reste un défi majeur pour les pays de la CEMAC, le Gabon a réussi à tirer son épingle du jeu en 2024. Selon les chiffres publiés par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’inflation moyenne dans la région s’est établie à 4,1 %, bien au-dessus de la norme communautaire de 3 %. Malgré cette tendance, Libreville est parvenu à maintenir ses prix sous contrôle, avec une inflation limitée à 1,2 %, contre 3,6 % en 2023. Cette performance fait du Gabon l’économie la plus stable de la zone sur le plan des prix, loin devant le Cameroun, le Tchad ou encore la Guinée équatoriale.

À l’inverse, les autres pays membres continuent de subir de fortes pressions. Le Tchad a vu son inflation bondir à 5,7 %, notamment en raison de la hausse des carburants et de l’arrivée massive de réfugiés soudanais qui a fait exploser la demande. Le Cameroun a, lui, ramené son taux à 4,5 %, mais reste largement au-dessus du seuil communautaire, tout comme le Congo (3,1 %) et la Guinée équatoriale (3,4 %). Seule la République centrafricaine (1,5 %) se rapproche du Gabon, confirmant la difficulté pour la majorité des pays de la CEMAC à stabiliser les prix dans un contexte de turbulences économiques et géopolitiques.

Le Gabon, exception régionale face aux pressions inflationnistes

Contrairement à ses voisins, le Gabon a été relativement épargné par les hausses brutales du carburant qui ont affecté les coûts de transport et de logistique ailleurs dans la région. La régulation plus stricte des prix de certains produits de base, combinée à une meilleure organisation des circuits de distribution, a également limité les répercussions sur le panier de la ménagère. À cela s’ajoute une politique de blocage des prix de certaines denrées alimentaires, qui a permis de contenir les tensions sur les dépenses des ménages et de réduire les risques de flambée.

Cette maîtrise de l’inflation contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages, à réduire les tensions sociales et à renforcer l’attractivité économique du pays dans un espace régional où la volatilité des prix reste un frein à l’investissement. Cependant, cette stabilité reste fragile, car les économies de la CEMAC demeurent exposées aux chocs extérieurs : flambée des coûts du fret, perturbations climatiques et insécurité alimentaire. Pour Libreville, le défi sera donc de transformer cette avance conjoncturelle en un acquis durable, capable de résister aux crises futures.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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