Asecna : Prosper Zo’o Minto’o déjà confronté à une fronde syndicale régionale

Moins de huit mois après son installation à la tête de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), le Gabonais Prosper Zo’o Minto’o fait face à une contestation syndicale d’ampleur inédite, rapporte notre confrère Gabonreview. Les organisations du personnel dénoncent le silence de la direction face à des revendications sociales qui s’accumulent depuis plusieurs années.
Élu lors de la 74ᵉ session extraordinaire de l’Asecna à Dakar en septembre 2024, Prosper Zo’o Minto’o avait promis un plan ambitieux de redressement. Modernisation des infrastructures, formation renforcée, redressement financier : le programme affichait de grandes ambitions, dans un contexte marqué par une baisse de 47 % du trafic depuis 2019. Mais sur le terrain, syndicats et personnels disent attendre toujours des mesures concrètes.
Des revendications restées lettre morte
Selon Africa Intelligence, les agents de plusieurs pays membres ont décidé, pour la première fois, de se mobiliser ensemble face à une direction jugée trop lente. Leurs griefs portent sur la dégradation des conditions de travail, l’absence de revalorisation salariale et le manque de moyens techniques et humains, en particulier dans les centres de contrôle aérien et les aéroports régionaux.
« Nous avons trop attendu. Les annonces ne suffisent plus », résument plusieurs représentants syndicaux, qui estiment que Prosper Zo’o Minto’o, en poste depuis janvier 2025, n’a pas donné suite aux attentes formulées dès son arrivée.
Une crise aux répercussions régionales
L’Asecna, qui regroupe 18 États africains et la France, est un acteur stratégique de la sécurité aérienne du continent. Toute perturbation prolongée de ses activités pourrait avoir des répercussions économiques et sécuritaires majeures, en affectant la régularité du trafic aérien.
Pour Prosper Zo’o Minto’o, fort de son expérience à l’OACI, le défi est désormais double : restaurer la confiance du personnel et démontrer sa capacité à transformer une institution en crise. La réussite de son mandat dépendra largement de sa faculté à conjuguer diplomatie interne et leadership stratégique, en accélérant la mise en œuvre des réformes promises
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