Libreville : les commerces anarchiques de IAI dans le viseur de la mairie

Dans le cadre de son vaste programme d’embellissement de l’espace public, la mairie de Libreville entend franchir une nouvelle étape : le déguerpissement des commerces anarchiques installés le long de l’axe IAI–OPT, dans le 5e arrondissement. Le lundi 25 août, des équipes municipales ont procédé au marquage des lieux, avertissant ainsi les commerçants qu’ils devront bientôt libérer l’espace. Mais une question demeure sans réponse : où seront relocalisés ces vendeurs, dont l’activité constitue bien souvent la seule source de revenus ?
Pour les commerçants concernés, cette décision est vécue comme un coup dur. Beaucoup disent comprendre l’autorité de la municipalité, mais dénoncent l’absence de solutions alternatives. « Où irons-nous après ? Nous n’avons pas d’autres endroits pour nous installer en attendant le marché », s’interroge une vendeuse. Certains affirment avoir déjà tenté de rejoindre un site proposé à proximité, mais sans succès. « Notre commerce n’était pas productif car les clients avaient du mal à nous trouver », ajoute une commerçante, visiblement résignée.
Entre nécessité d’ordre et crainte de précarité
Si cette opération est redoutée par les commerçants, elle est en revanche accueillie favorablement par de nombreux riverains. Pour eux, ces installations sauvages encombrent la voie publique et rendent la circulation difficile. « C’est une très bonne chose que la mairie décide de les enlever pour les envoyer ailleurs, cela va fluidifier la circulation », estime Martial Efane, habitant du quartier. Mais ce dernier nuance son enthousiasme : « On espère juste que ce sera ferme, car souvent la mairie chasse les gens, et peu après ils reviennent s’installer ».
Dans ce bras de fer entre nécessité d’ordre urbain et survie économique, le compte à rebours est désormais lancé pour les petits opérateurs. L’arrivée des bulldozers paraît imminente, et ceux qui n’auront pas quitté les lieux risquent de voir leurs marchandises détruites. En attendant la livraison du marché de Mindoubé, beaucoup regrettent de ne pas avoir été davantage associés aux discussions avec les autorités. Car si la mairie plaide pour l’intérêt général, les commerçants, eux, rappellent que derrière chaque étal se cache une famille dont l’équilibre dépend de ces ventes quotidiennes.
GMT TV