Gabon : transparence et lutte contre la corruption, quel budget pour la Cour des comptes et la CNLCEI

Dans un contexte où la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance sont devenues des priorités, les institutions de contrôle financier du Gabon disposent de budgets significatifs pour assurer leur mission. La Cour des Comptes et la Commission Nationale de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (CNLCEI), en charge de veiller à la gestion rigoureuse des deniers publics, se retrouvent ainsi sous les projecteurs quant à leur efficacité et leur indépendance.
D’après les données de la Loi de finances 2025, la Cour des Comptes fonctionne avec 510 agents pour un budget de 4,8 milliards FCFA, ce qui en fait l’un des organes les mieux dotés parmi les institutions autonomes. De son côté, la CNLCEI, institution clé dans la traque des détournements de fonds publics, dispose d’une enveloppe de 1,5 milliard FCFA pour 63 agents. Ces institutions doivent pourtant, au regard des missions qui sont les leurs, avoir des moyens à la hauteur. Un contrôle budgétaire efficace passe par un renforcement des effectifs et des ressources. Toutefois, si ces dotations budgétaires sont importantes, la question de leur impact réel sur la transparence et la lutte contre la corruption reste posée.
Un défi de performance et d’indépendance
Alors que les rapports de la Cour des Comptes pointent régulièrement des irrégularités dans la gestion des fonds publics, leur suivi effectif et l’application des sanctions sont souvent critiqués. Il ne suffit pas d’avoir des fonds, encore faut-il des résultats concrets en matière de lutte contre la corruption.
Face aux nombreuses affaires financières non élucidées, une vigilance accrue est nécessaire pour que ces organes de contrôle ne soient pas de simples entités budgétivores, mais de véritables leviers pour assainir les finances publiques. Alors que le pays traverse une période de transition politique, la capacité de ces institutions à renforcer la transparence et appliquer des sanctions effectives sera déterminante pour la crédibilité de la gouvernance financière gabonaise.
GMT TV