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Gabon : l’exploitation de l’Iboga susceptible d’apporter plus de 160 milliards de FCFA par an

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Le Gabon, berceau de l’iboga, apparaît en retard dans l’exploitation de cette plante sacrée, tandis que des investissements importants se concentrent sur l’ibogaïne aux États-Unis, notamment au Texas. De manière proactive et éthique, le pays pourrait générer jusqu’à 167 milliards de francs CFA par an en valorisant cette ressource unique. Pour cela, il doit évoluer d’un rôle de simple gardien des traditions à celui d’un acteur souverain exploitant un savoir ancestral prisé.

La signature le 6 juin 2025 par le gouverneur du Texas, Greg Abbott d’une loi établissant un partenariat public-privé centré sur l’ibogaïne, un alcaloïde psychédélique extrait de la racine de Tabernanthe iboga est la preuve, s’il en était besoin, de l’importance que revêt cette plante. En effet, en s’appuyant sur son expérience avec des vétérans souffrant de syndrome de stress post-traumatique (SSPT), l’ancien gouverneur Rick Perry soutient désormais ce projet, qui vise à obtenir l’approbation de l’ibogaïne par la FDA (Food and Drug Administration), l’agence fédérale américaine en charge de la régulation des médicaments.

Gabon : Gardien spirituel, oublié économique

Sauf que si ces initiatives se multiplient à l’étranger, au Gabon l’Iboga subit les conséquences de la surexploitation, du trafic transfrontalier et d’un manque d’infrastructures dédiées à la recherche. Le pays peine à tirer pleinement profit de cette richesse naturelle. Bien que l’iboga ait été classé comme « ressource stratégique » et que ses exportations aient été suspendues en 2019, la mise en œuvre des politiques reste insuffisante. 

Selon le site d’actualité Gabonreview actuellement, un seul permis d’exportation « Nagoya-compatible » aurait été délivré, tandis que tous les brevets sont enregistrés à l’étranger. Les recherches pharmacologiques initiales menées depuis les années 1970 à l’échelle locale souffrent d’un manque de financements et d’infrastructures.

Un marché mondial, des opportunités à saisir

Économiquement, l’ibogaïne offre des perspectives sans précédent au Gabon, à condition de structurer une filière efficace. Le marché mondial des psychédéliques, évalué à 3 milliards USD (environ 1 671 milliards FCFA) en 2023, pourrait atteindre 9 milliards USD (près de 5 013 milliards FCFA) d’ici 2032. En capturant seulement 5 % de ce marché, le Gabon pourrait générer des revenus annuels oscillant entre 150 et 300 millions de dollars (83,5 à 167 milliards FCFA).

Au-delà des bénéfices directs, le pays bénéficierait également de retombées indirectes significatives : création d’emplois dans l’agriculture pour la culture de l’iboga traçable, développement de transformations pharmaceutiques locales, exportations régulées, et valorisation touristique et thérapeutique de cette plante précieuse. Chaque étape, de la racine brute au médicament certifié, multiplierait la valeur ajoutée, repositionnant ainsi le Gabon sur l’échiquier mondial.

Casimir Mapiya

« Mieux vaut une vérité qui fait mal, qu'un mensonge qui réjouit. » Proverbes berbères

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