Élections 2025 : Lapensée Essingone boycotte le scrutin et dénonce une « mauvaise organisation »

À quelques semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le président de la plateforme L’Éveil de la Pensée Citoyenne (EPC), Joseph Lapensée Essingone, a annoncé jeudi que sa formation ne présentera aucun candidat aux législatives et locales du 27 septembre 2025. En cause, une organisation jugée défaillante et peu crédible.
Réuni avec des sympathisants et face aux médias, le leader de l’EPC a été catégorique : « Le processus électoral actuel est organisé par les mêmes personnes, comme si l’on était encore sous le régime de transition, sans tenir compte des insuffisances relevées lors de l’élection présidentielle ». Selon lui, participer à ces scrutins reviendrait à cautionner un système électoral vicié, incapable d’assurer transparence et équité.
Un bilan critique des 100 jours d’Oligui Nguema
Profitant de cette tribune, Joseph Lapensée Essingone a dressé un tableau sombre des 100 premiers jours du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a pointé plusieurs événements récents comme autant de preuves d’un malaise social et politique persistant : la révolte des femmes commerçantes de Lambaréné, le départ précipité de la famille Bongo à l’étranger, l’arrêt du paiement des bourses pour les étudiants gabonais aux États-Unis, ou encore les opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers de Libreville.
« Ces faits illustrent une gouvernance encore déconnectée des réalités quotidiennes des Gabonais », a-t-il déclaré, dénonçant une absence de réformes concrètes depuis l’élection d’avril 2025.
Un appel à des réformes inclusives
En conclusion, le président de l’EPC a exhorté le chef de l’État à rompre avec la logique actuelle et à engager rapidement des réformes « concrètes et inclusives » afin de restaurer la confiance des citoyens. Selon lui, le projet de société défendu par son mouvement lors de la présidentielle pourrait constituer une base crédible pour une gouvernance renouvelée.
À travers ce boycott, l’EPC entend marquer sa différence et alerter sur ce qu’il considère comme une dérive dans la conduite du processus électoral. Un signal fort qui, à un mois du scrutin, souligne les fractures persistantes du paysage politique gabonais.
GMT TV