Tchibanga : au CHR Benjamin Ngoubou, les dysfonctionnements s’accumulent
Après quatre jours d’arrêt des gardes, le Centre hospitalier régional Benjamin‑Ngoubou, principale structure sanitaire de la province de la Nyanga, a été le théâtre d’une réunion de crise entre le personnel soignant et l’administration. En toile de fond : des arriérés de primes impayés et une série de défaillances structurelles qui fragilisent l’offre de soins.
Réunis pour « ausculter les maux » qui minent l’établissement, soignants et responsables hospitaliers ont d’abord pointé le déclencheur du mouvement d’humeur : le non-paiement des arriérés de primes couvrant la période 2018-2024. Une situation qui a conduit à la suspension des gardes, avant l’ouverture de discussions avec la direction.
Arriérés, pénuries et services grippés
Par la voix de la porte-parole des médecins, Alice Boutsomba, le personnel a dressé un tableau préoccupant : laboratoire à l’arrêt faute de réactifs, absentéisme récurrent des agents de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale affectés à l’hôpital, dysfonctionnements dans plusieurs services, sans oublier la question sensible de la morgue, exploitée par un particulier. Autant de manquements qui entravent le fonctionnement quotidien de l’établissement.
De son côté, le responsable syndical de la santé dans la Nyanga, Delamontagne Mouckoncko, a appelé à la cohésion du personnel afin de porter une position commune et crédible dans la recherche de solutions durables.
Appel à l’apaisement et urgences sans ambulance
Face à la grogne, le directeur médical, Odilon Mounguengui, et le directeur du CHR, Youssouf Sidibé Nzenget-A-Kassa, ont invité à la tempérance, tout en rappelant le caractère obligatoire des gardes conformément aux textes en vigueur. Ils ont assuré travailler à l’identification de pistes de sortie de crise.
Reste une urgence emblématique : l’ambulance. L’unique véhicule dont dispose l’hôpital est actuellement en panne, alors même que le CHR abrite un service des urgences. Un paradoxe qui illustre, pour le personnel comme pour les usagers, l’ampleur des défis à relever.
Au CHR Benjamin-Ngoubou, la réunion de crise a permis de poser un diagnostic partagé. Les attentes sont désormais tournées vers des actes concrets, sans lesquels la reprise sereine des activités restera fragile.









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