Gabon : suspension du Secrétaire permanent du SOSUP pour «insubordination»
Par décision du Secrétariat Général du Ministère de l’Éducation Nationale, le Secrétaire Permanent du SOSUP est suspendu de ses fonctions à titre conservatoire. Il est reproché à Jérémie Mikombo un manquement caractérisé aux obligations d’obéissance hiérarchique et de loyauté. Ce qui, à la lecture des faits et des textes régissant la fonction publique, constitue une insubordination notoire à l’égard du ministre Camélia Ntoutoume-Leclercq.
Le climat institutionnel au sein du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Instruction Civique (MENIC) semble avoir traversé le seuil de rupture. Pour preuve, par une note officielle datée du 8 mars 2026, le Secrétaire Général, Christian Louembet Onguele, a annoncé la suspension immédiate de Jérémie Mikombo de ses fonctions de Secrétaire Permanent du Secrétariat d’Orientation Scolaire, Universitaire et Professionnelle (SOSUP). Le nœud de cette sanction administrative est issu d’un conflit de normes réglementaires.
L’autorité du ministre atteinte par Jérémie Mikombo ?
Le grief principal repose sur une distorsion manifeste des directives ministérielles. Pour rappel, le 20 février 2026, le Secrétariat Permanent émettait la note circulaire n° 0311 qui enjoignait les chefs d’établissements primaires à poursuivre les procédures d’orientation des élèves de 5ème année selon les anciens protocoles du SOSUP. Or, cette instruction entrait en contradiction directe avec l’arrêté n° 000013 du 19 février 2026, lequel redéfinissait les modalités de calcul de la moyenne et les conditions d’admission en classe de sixième.
Mais au-delà de l’erreur technique, c’est la posture de défiance qui serait donc sanctionnée par le ministère de l’éducation nationale. La hiérarchie invoque d’ailleurs les articles 43 et 45 de la loi n° 14/2005 portant Code de déontologie de la Fonction Publique, rappelant que l’agent public est soumis à une obligation de loyauté et d’exécution des ordres de sa hiérarchie. Les « sorties médiatiques récurrentes et intempestives » de l’intéressé, effectuées sans autorisation préalable, ont été qualifiées d’actes d’insubordination.
Ainsi donc, en application de l’article 129 de la loi n° 8/91, Jérémie Mikombo a été frappé d’une interdiction d’accès aux locaux du SOSUP jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure conservatoire vise à rétablir la cohérence de l’action publique et la sérénité au sein de la chaîne de commandement du ministère. Les prérogatives et le poste autrefois reconnus à l’agent public susmentionné sont désormais dévolus à Joe Francis Demba. Il les assumera sous forme d’intérim jusqu’à une nomination en bonne et due forme.










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