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Port-Gentil : Noël B. Boundzanga dénonce la dérive tribaliste du ministre Onanga Ndiaye

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Il est des discours qui trahissent l’essence même de la République, et celui tenu par Régis Onanga Ndiaye, ministre du gouvernement de transition, le 22 février dernier à Port-Gentil, en fait indiscutablement partie. En proclamant d’un côté « Pas de République communautaire » et, dans la même foulée, « Ogooué-Maritime d’abord ! », il s’est livré à un exercice périlleux de contradiction et de manipulation identitaire.

Un discours aux relents dangereux. Le ministre n’a pas simplement bafoué l’idéal d’unité nationale, il a instrumentalisé le sentiment communautaire pour servir une rhétorique délétère. Dans un pays où le tribalisme et le régionalisme ont déjà laissé des cicatrices profondes, tenir de tels propos relève d’une irresponsabilité politique inquiétante. « Quand on est ministre de la République, on ne parle pas ainsi », s’indigne le Pr. Noël Bertrand Boundzanga, dans un communiqué cinglant signé par Telema.

Ce dernier dénonce l’opposition malsaine entre « nous » et « les autres », une logique qui divise au lieu de rassembler. Le ministre semble revendiquer une République de l’Ogooué-Maritime, où les autochtones devraient se distinguer de ceux « venus d’ailleurs », et où chacun devrait se cantonner à son terroir d’origine. Une vision rétrograde, indigne d’un État moderne et uni. « Le Gabonais est partout chez lui au Gabon ! », rappelle avec fermeté Boundzanga, balayant d’un revers de main cette rhétorique clivante.

Un gouvernement en roue libre ?

Ce n’est pas la première fois qu’un membre du CTRI ou un proche du pouvoir flirte avec ces discours régionalistes. Le général Oligui Nguema lui-même, lors d’un déplacement, a tenu des propos similaires en demandant aux Nzébi présents à Ntoum de rentrer construire à Lébamba. Une déclaration qui, sous couvert d’une prétendue valorisation des provinces d’origine, participe en réalité à la fragmentation du tissu national.

Pire encore, ce discours n’a pas été démenti ou condamné par les autorités. Jean Ping, qui était présent lors de l’intervention de Régis Onanga Ndiaye, n’a pas bronché. Doit-on en conclure que ces dérives ont l’aval tacite de l’ensemble de la transition ?

Un appel urgent à la responsabilité

Le Gabon ne peut se permettre une dérive identitaire dans un contexte déjà fragile. L’unité nationale n’est pas une option, elle est le socle de notre stabilité. Léon Mba, Omar Bongo, même dans leurs visions parfois contestées, n’ont jamais ouvert la porte à un tel émiettement du pays. « Nous n’allons pas laisser prospérer les perfides trompeurs mettre en danger l’unité nationale construite patiemment et sereinement par nos prédécesseurs ! », avertit Boundzanga, avec une indignation partagée par de nombreux citoyens.

Régis Onanga Ndiaye, ministre d’un gouvernement censé préparer l’avenir du Gabon, doit assumer la gravité de ses propos. Car s’il y a une priorité, ce n’est ni Ogooué-Maritime d’abord, ni Haut-Ogooué, ni Woleu-Ntem, mais bel et bien le Gabon d’abord !

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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