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Port-Gentil : Les agents de la MONP en grève face à la précarité persistante

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« Plus jamais ça ! » C’est le cri de révolte des agents de la Main-d’Œuvre Non Permanente de l’Ogooué-Maritime (MONP-OM), qui ont entamé un nouveau piquet de grève devant le gouvernorat de Port-Gentil, rapporte Gabonactu. Après une première mobilisation en janvier dernier, ces travailleurs, souvent invisibilisés, réclament toujours les mêmes droits fondamentaux : une intégration à la fonction publique, une harmonisation des salaires et le paiement des cotisations sociales à la CNSS.

« Nos revendications n’ont toujours pas trouvé satisfaction auprès de nos autorités. Nous revendiquons l’harmonisation de nos salaires, le basculement à la fonction publique et l’apurement de la dette CNSS », affirme Annick Nzaboussa Koumassi-Mavioga, porte-parole du collectif.

Des années de service, une retraite compromise

La situation de ces agents est d’autant plus critique que certains cumulent 12, 15, voire 20 ans de service, sans la moindre garantie de retraite. Malgré des prélèvements pour la CNSS effectués sur leur salaire, aucune cotisation n’a été reversée depuis plus de 12 ans, les exposant à une retraite sans pension.

« Nous sommes marginalisés parmi les agents de l’État. Oligui Nguema, dans ce groupe il y a tes collègues du lycée d’État de Port-Gentil, il y a tes sœurs qui ont joué aux billes avec toi. On voudrait que notre situation change », interpelle Annick Nzaboussa Koumassi-Mavioga.

Des salaires misérables, une vie de sacrifices

Avec des salaires avoisinant 150 000 FCFA, primes comprises, la vie de ces travailleurs est un combat quotidien. Comment survivre avec une prime de logement de 18 000 FCFA et une prime de transport de 35 000 FCFA ? Les revendications de ces pères et mères de famille ne concernent pas seulement leur avenir, mais aussi celui de leurs enfants. « Nos enfants ont le bac mais restent bloqués à l’UOB, car même une école supérieure à Libreville est hors de notre portée. Comment payer les études avec un salaire de misère ? », déplore le collectif.

Un mouvement qui ne faiblira pas

Malgré les pressions de certains responsables administratifs, qui auraient menacé les grévistes, les agents de la MONP-OM refusent de céder. Ils réclament un traitement digne et équitable, à l’image de leurs collègues fonctionnaires. « Comment comprendre qu’au Gabon d’Oligui Nguema, des agents qualifiés soient payés 150 000 FCFA, primes comprises ? », s’interroge Josiane Modoungou, représentante du secteur de la santé.

Alors que la précarité s’intensifie, le silence du gouvernement devient intenable. Cette grève illimitée sera-t-elle enfin le levier qui poussera les autorités à prendre leurs responsabilités ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine : ces agents sont déterminés à se battre, quitte à tout perdre.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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