Peine de mort : le FDS dénonce une «barbarie d’État» et alerte sur le retour des réflexes autoritaires
Réunis ce dimanche 25 janvier 2026 à Louis, dans une salle de fête pleine à craquer de militants et sympathisants, les responsables du Front démocratique socialiste (FDS) ont consacré une partie centrale de leur meeting à un sujet qui fracture l’opinion : la possible résurgence du débat sur la peine de mort. À la tribune, le président du parti, Anges Kevin Nzigou, a opposé un refus catégorique à toute velléité de rétablissement, y voyant une dérive dangereuse pour l’État de droit et un symptôme d’échec politique.
Sans détour, Anges Kevin Nzigou a qualifié la peine de mort de «barbarie d’État », incompatible avec les valeurs démocratiques que la Transition est censée incarner. Pour le FDS, ce débat ne relève ni de la modernité ni de la fermeté, mais d’un recul moral majeur. « Aucune société ne se répare par le sang versé au nom de l’État », a martelé le leader socialiste, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
La dignité humaine comme socle intangible
Le président du FDS a rappelé que le Gabon s’est engagé, par ses textes et conventions internationales, à protéger le droit à la vie et la dignité humaine. Revenir sur l’abolition de la peine capitale reviendrait, selon lui, à renier ces engagements et à affaiblir la crédibilité du pays sur la scène internationale. Pour Anges Kevin Nzigou, la justice ne peut être réduite à un acte de vengeance institutionnalisée, encore moins présentée comme une réponse miracle à l’insécurité.
Au cœur de sa critique, le FDS pointe une exploitation opportuniste de l’émotion collective suscitée par certains faits divers tragiques. « La douleur légitime des familles ne doit jamais servir de prétexte à l’abandon de l’humanité », a insisté le président du parti. Selon lui, invoquer la peine de mort dans ce contexte masque l’incapacité des autorités à réformer en profondeur la justice, à renforcer l’enquête, la prévention et l’efficacité des sanctions existantes.
Un refuge idéologique pour l’ancien système
Plus sévère encore, Anges Kevin Nzigou a mis en cause certaines figures issues de l’ancien système PDG, qu’il accuse de se réfugier derrière un discours de fermeté extrême pour dissimuler leur responsabilité passée. « Ceux qui se taisaient hier lorsque les droits étaient bafoués n’ont aucune légitimité pour donner aujourd’hui des leçons de morale punitive », a-t-il lancé, dénonçant un retour insidieux des réflexes autoritaires sous couvert de sécurité.
Réformer la justice plutôt que punir davantage. Pour le FDS, la véritable réponse aux défis sécuritaires réside ailleurs : indépendance réelle de la justice, amélioration des conditions de détention, respect des droits de la défense et efficacité des procédures judiciaires. « Une justice forte, humaine et crédible protège mieux la société qu’une justice expéditive et irréversible », a conclu Anges Kevin Nzigou.
En s’opposant frontalement au rétablissement de la peine de mort, le FDS entend poser un marqueur idéologique clair. Le parti prévient : céder à cette tentation serait non seulement une régression morale, mais aussi un signal inquiétant envoyé à une société en quête de repères démocratiques. Pour Anges Kevin Nzigou et les militants réunis à Louis, la Transition ne saurait se construire sur la peur et la répression, mais sur le droit, la justice et la dignité humaine.









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