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PCL : 274 prisonniers en détention préventive abusive libérés !

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La Cour d’honneur de la prison centrale de Libreville a été le théâtre, ce lundi 16 mars 2026, d’une cérémonie solennelle de remise d’ordres de mise en liberté (OML) sous la conduite du Colonel Ismael Télesphore Ngoussi. Ce sont au total 274 détenus, dont 229 hommes et 8 femmes dans cette vague de 237, qui ont recouvré la liberté. Une initiative portée conjointement par l’administration carcérale et le Garde des Sceaux qui a consisté à mettre fin à des situations de rétention jugées juridiquement irrégulières.

Cette mesure d’envergure, impulsée par le Garde des Sceaux, Augustin Emane, fait suite à un audit rigoureux mené par l’Inspection générale des services judiciaires. C’est ce qu’a rappelé le Colonel Cyriaque Moussavou, Directeur régional nord de la Sécurité pénitentiaire. Il va sans dire que les bénéficiaires de cette libération d’office se trouvaient dans une impasse légale. Des peines purgées non contrôlées aux mises en détention non suivies, ces auteurs des délits étaient doublement prisonniers.

Dr. Augustin Emane pour une prison respectueuse des lois !

L’Inspecteur général des services judiciaires, Apollinaire Ondo Mve, a rappelé avec fermeté les dispositions de l’article 7 de la nouvelle Constitution, qui consacre l’exceptionnalité de la détention préventive. Or, certains avaient purgé l’intégralité de leur peine sans être élargis, tandis que d’autres, placés sous mandat de dépôt dans le cadre de procédures de flagrance, n’avaient jamais été présentés devant une juridiction de jugement dans les délais légaux. « Nul ne peut être détenu au-delà du temps fixé par la loi.  », a-t-il souligné. 

Une vue des détenus remis en liberté © D.R.

Dans la même veine, le Ministre de la Justice a tenu à préciser que cette opération ne relève pas d’une grâce discrétionnaire, mais d’une stricte application de la loi. Laquelle répond à la feuille de route du Chef de l’État fixée après sa nomination. Aussi, le Dr. Augustin Emane a salué la diligence de la Sécurité pénitentiaire, dirigée par le Général Germain Effayong-Onong, dont les rapports ont permis d’identifier ces détentions abusives. 

L’État de droit avant tout

« Lorsque ces règles procédures sont violées, il n’y a plus d’État de droit. Et ce que nous faisons aujourd’hui, c’est de reconnaître que parfois ces règles procédures sont violées par lui-même. Dans ce cas nous n’avons d’autre solution que d’appliquer la loi et la loi dans ce cas, dit il faut remettre les personnes en liberté », a martelé le Dr. Augustin Emane. Une dynamique nouvelle saluée par le Bâtonnier Me Raymond Ndong Sima et des hauts magistrats du parquet, dont le Procureur général Eddy Minang et le Procureur de la République près le Tribunal de Libreville Dick Fabrice Boungou Mikolo.

Au terme de la cérémonie, un bénéficiaire a livré un témoignage poignant. Ce dernier a dénoncé la surpopulation. Occasion pour remercier le Colonel Ismael Télesphore Ngoussi qui ne ménage aucun effort pour en faire une institution attachée à la dignité humaine. Pour ces anciens pensionnaires, cette libération est une « surprise » vitale. Il est judicieux de préciser que cette opération de régularisation, qui débute à Libreville, a vocation à s’étendre à l’ensemble des maisons d’arrêt du territoire national. Le but étant de désengorger les structures pénitentiaires et davantage humaniser la chaîne pénale gabonaise. Bon retour à la liberté.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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