Oyem : Nkoum Ekeign, vallée de l’obscurité ?
Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, est en proie à une crise énergétique qui s’aggrave de jour en jour. En effet, ce qui n’était au départ qu’une simple panne d’électricité, s’est mué en un phénomène récurrent et généralisé. Plus un jour ne passe sans que les habitants soient privés de courant, contraints de recourir à des lampes indigènes, des bougies ou d’autres palliatifs archaïques. Cette recrudescence des coupures, qui durent désormais plus d’une journée voire deux, plonge la capitale provinciale dans une vallée de l’obscurité.
Les quartiers d’Oyem sont quasiment touchés par cette plaie électrique. À Akouakam, Ngouema, Monaco, Methui Angone, Adzugu et dans la zone de l’hôpital canadien, la situation est identique. Au début, un rationnement par zone permettait une certaine alternance, mais depuis plus d’une semaine, tout semble paralysé simultanément. Les ménages, premiers impactés, doivent adapter leur routine à l’absence prolongée d’électricité. Les familles préparent les repas à la lueur des torches, les enfants étudient dans des conditions précaires, et les appareils essentiels comme les réfrigérateurs deviennent inutilisables.
Qui pour remettre Oyem dans la lumière ?
Joints par téléphone par notre rédaction, plusieurs habitants de Nkoum Ekeign se demandent à quel saint se vouer face à cette sempiternelle crise énergétique. « On en est réduits à vivre comme au siècle dernier. Cela doit-il durer infiniment ? Non vivement une solution », fait constater Raymond, habitant à la Foire d’Oyem. Il faut se le dire sans ambages, l’impact économique est particulièrement rude pour les commerçants. Dans les marchés et boutiques locales, les chambres froides décongelées causent des pertes massives de marchandises périssables.
Viandes, poissons et produits laitiers se gâtent rapidement. Résultat, les vendeurs sont presque que contraints d’écouler des denrées de qualité dégradée ou à les jeter purement et simplement. « J’ai perdu des kilos de volaille en une seule nuit », se lamente un épicier d’Akouakam. Les populations, contraintes de consommer ces aliments altérés, s’exposent à des risques sanitaires accrus, comme des intoxications alimentaires. Au-delà des aspects matériels, la recrudescence des coupures alimente une insécurité galopante. L’obscurité nocturne offre un terrain propice aux brigands, qui profitent de l’absence d’éclairage public pour commettre des vols à la tire ou des agressions.
Les passants, particulièrement vulnérables aux heures tardives, voient leurs poches fouillées sans que les autorités ne réagissent. À Oyem, beaucoup espéraient des mesures exceptionnelles, comme le déploiement de policiers ou de gendarmes pour patrouiller les rues sombres. Hélas, rien n’a été mis en place. Sapristi ! Cette crise énergétique à Oyem n’est pas seulement une nuisance technique. Sans intervention prompte, la vallée de l’obscurité risque de s’étendre. Faisant d’Oyem une capitale provinciale une zone sinistrée. Que la lumière soit !








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