Derniers articlesSOCIETE

Marché Mont-Bouët : les commerçants vent debout contre la fermeture à 17h30

Ecouter l'article

Le marché de Mont-Bouët , principal poumon économique de la capitale gabonaise est au bord de l’implosion. Et pour cause, depuis la publication d’un communiqué municipal le 10 mars 2026 par le maire de Libreville Pierre Matthieu Obame Etoughe annonçant l’heure de fermeture du marché de Mont-Bouët à 17h30, une vague d’indignation sans précédent a été enregistrée chez les opérateurs économiques.

Un horaire jugé « suicidaire » pour les affaires. S’appuyant sur un arrêté de 2020, l’édile de Libreville exige désormais une cessation stricte de toute activité commerciale à 17h30, sous peine de saisies et d’amendes. Pour les commerçants, représentés par l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon (ONG-SDG) et le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG), cette mesure est déconnectée des réalités du terrain.

Lors d’un mouvement d’humeur ce jeudi 19 mars, relayé par le média La Fuite de l’Info, les leaders syndicaux Gabriel Steve Mve Ngomo et Alvaresse Beyeme Be Nguema (dit « Poutine ») ont fustigé une décision qui « condamne » leurs activités. Ils rappellent que cette tranche horaire coïncide avec la sortie des bureaux, moment crucial où les fonctionnaires effectuent l’essentiel de leurs achats. Passer de l’ancien horaire de 18h30 à 17h30 représente, selon eux, un manque à gagner colossal pour des familles déjà précarisées.

Accusations de « braquage à ciel ouvert »

Au-delà de la querelle des horaires, la contestation prend une tournure plus grave. Les syndicats dénoncent des pratiques de racket organisé menées par certaines équipes municipales. Ils accusent ces dernières de prélever 2 000 FCFA par étal, sans délivrance de reçu, alors que la taxe légale fixée par la loi de finances ne serait que de 500 FCFA. « C’est un braquage à ciel ouvert qui prive le Trésor public de ressources essentielles », s’insurgent les responsables syndicaux, qui appellent à une clarification urgente des circuits de perception.

Un appel à l’arbitrage du Chef de l’État

Face au mutisme de la direction des marchés de la mairie, qui a refusé de répondre aux sollicitations de la presse, la tension monte d’un cran. Les syndicats sillonnent désormais les allées de Mont-Bouët pour mobiliser les troupes. Ils en appellent directement à l’arbitrage du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « système de prélèvements informels » et rétablir un dialogue social constructif.

Alors qu’un mouvement de protestation d’envergure se dessine, l’avenir du climat social à Libreville semble suspendu à une éventuelle reculade de l’hôtel de ville.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page