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Marcelle Libama : « Matricule 212 dans un état critique »

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Interpellé le 19 janvier dernier à l’aéroport international Léon Mba de Libreville par les éléments de la Direction générale des recherches (DGR), dans le contexte de la grève qui secoue l’Éducation nationale, l’acteur de la société civile Marcel Libama a finalement recouvré la liberté, tout comme son camarade Simon Ndong Edzo. Dans une interview accordée à Gabon Media Time ce 29 janvier, le membre de SOS Éducation est revenu en détail sur les circonstances de cette interpellation, dénonçant au passage les conditions de détention observées à la prison centrale de Libreville et plaidant pour plusieurs détenus rencontrés lors de son incarcération.

Parmi les cas qu’il a jugé les plus préoccupants figure celui de l’activiste Bob Mengome, connu sous le pseudonyme de « Matricule 212 », placé en détention préventive le 19 janvier pour trouble à l’ordre public et incitation à la haine. « Lorsque Simon Ndong Edzo et moi avons rencontré notre avocat, j’ai vu carrément alité au sol l’activiste Matricule 212 », a témoigné Marcel Libama. Selon lui, l’état de santé du militant était alarmant « Il respirait mal, il était couché au sol et me suppliait en disant : “Ça ne va pas !” ».

Des conditions de détention jugées inhumaines

Très affecté, Marcel Libama a affirmé avoir été profondément marqué par cette scène. « Moi, j’ai mal. Je suis désormais à l’extérieur, mais le cas de Matricule 212 mérite une attention particulière », a-t-il insisté, précisant que l’activiste lui a demandé d’« interpeller le président de la République, qu’il dit être son frère ». L’ancien député de la Transition s’est indigné d’autant plus que le Gabon s’est doté de textes contre la torture et les traitements dégradants. « Ce qui m’agace, c’est que lorsque j’étais à l’Assemblée nationale, nous avons voté des lois sur les droits de l’homme, notamment contre les traitements humiliants », a-t-il rappelé.

Au-delà de ce cas précis, Marcel Libama a dénoncé des pratiques qu’il qualifie de dégradantes, évoquant notamment la garde à vue à la DGR. « Vous êtes en slip, entouré de jeunes qui ont l’âge de vos petits-fils. Mais c’est dégradant ! », a-t-il lancé. Il a cité également l’exemple de l’ancien ministre du Pétrole, Vincent de Paul Massassa, resté trois ans en prison sans voir sa famille, malgré des assurances données par les autorités judiciaires. « Il faut garder une certaine humanité », a-t-il plaidé. Marcel Libama a tout aussi critiqué l’incarcération de Xavier Ndong Ndong, poursuivi pour des faits qu’il juge infondés. « Tous ces gens-là n’ont rien à faire en prison ! », a-t-il tranché, appelant à une amélioration urgente des conditions de détention et à un respect effectif des droits fondamentaux au Gabon.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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