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Maison Georges Rawiri : accès conditionné, le Syprocom vent debout

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À la Maison Georges Rawiri, siège de Radio Gabon et de Gabon Première, le climat social demeure électrique malgré l’annonce d’une suspension provisoire de la grève des agents syndiqués. En dépit d’une médiation conduite par le ministère de la Communication, l’accès aux locaux reste conditionné par le remplissage d’une fiche d’identification, une mesure vivement contestée par le Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM). Pour les agents, cette exigence constitue une entrave à l’exercice normal de leur mission et ravive un bras de fer que la suspension du mouvement devait pourtant apaiser.

Selon le président du SYPROCOM, Hervé Ndzighe, la situation est d’autant plus incompréhensible que le syndicat a répondu favorablement à l’appel au dialogue lancé par les autorités. « Lors d’une médiation mardi dernier, le ministre de la Communication a demandé au Syprocom de surseoir son mouvement en vue d’une entrée en négociation. En arrivant au travail ce lundi dans l’optique de reprendre le service, nous constatons que l’accès nous est conditionné par le remplissage d’un document dont nous ignorons la teneur et l’origine », a-t-il dénoncé, estimant que cette mesure s’apparente à une provocation inutile.

Une mesure sécuritaire qui cristallise la défiance

Le syndicat rappelle avoir levé le mot d’ordre de grève depuis vendredi soir, dans un esprit d’apaisement. « La base a décidé depuis vendredi à 22 heures d’une reprise du travail, mais cela est rendu impossible parce que les directeurs généraux de Gabon Première et de Radio Gabon nous verrouillent l’accès », insiste Hervé Ndzighe. Pour le SYPROCOM, cette situation aurait dû logiquement conduire à un retour immédiat à la normale dans les médias publics, sans condition préalable. Du côté des tutelles, la fiche d’identification est assumée et justifiée par des impératifs de sécurité. La directrice générale, Claudette Okome Ewore, évoque un contexte sensible « La fiche d’identification a été instaurée pour des raisons de sécurité. Nous sommes dans un milieu hautement stratégique. Les agents qui sont venus pour travailler ont effectivement rempli cette fiche ». Elle précise toutefois que la levée de cette mesure reste possible, sous réserve d’un acte formel du syndicat. « Si nous apprenons qu’une assemblée générale actant la levée de la grève a eu lieu, nous retirons la fiche d’identification », a martelé Claudette Okome Ewore, conditionnant ainsi tout assouplissement à une décision écrite et collective du SYPROCOM. 

À Gabon Première, le directeur général Elmut Moutchinga Boulingui a adopté une lecture plus tranchée du conflit. Selon lui, les revendications syndicales ont déjà trouvé des réponses satisfaisantes. « Tout a été conclu dans le sens des revendications du syndicat. Que ce soit les situations administratives, la prime de rendement, le gouvernement a tout accepté. Logiquement, la grève ne se justifie plus », a-t-il affirmé. Sur le terrain, la présence visible de la gendarmerie nationale, appuyée par un blindé anti émeute et des agents postés à chaque étage, illustre la persistance d’un climat délétère au sein de ce fleuron de la communication d’État.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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