A La UneDerniers articlesFAITS DIVERS

Libreville : un individu interpellé pour vol présumé de cannabis sous scellés au parquet général 

Ecouter l'article

Un incident pour le moins troublant s’est produit le mercredi 11 mars 2026 au sein même du palais de justice de Libreville. Un individu identifié sous le nom de Oye Meye aurait été pris en flagrant délit de vol de cannabis placé sous scellés au parquet général près la Cour d’appel de Libreville. Interpellé, le présumé violeur puis placé en garde à vue à la brigade spéciale de police judiciaire logée dans l’enceinte du palais de justice, il aurait finalement été remis en liberté sur instruction du parquet général, avant même la fin de son audition. Une affaire qui suscite de nombreuses interrogations et appelle désormais à des explications des autorités judiciaires.

L’affaire, révélée par plusieurs sources judiciaires concordantes, s’est déroulée dans l’enceinte du palais de justice de Libreville, un lieu censé incarner la rigueur et l’autorité de la loi. Selon ces sources, un individu nommé Oye Meye aurait été surpris alors qu’il tentait de soustraire du cannabis conservé parmi les pièces à conviction placées sous scellés au parquet général.

La gravité de l’incident tient au fait que les scellés judiciaires constituent des éléments de preuve dans des procédures pénales et font l’objet d’une protection stricte dans le cadre des enquêtes et des instructions judiciaires.

Interpellation et garde à vue au palais de justice

Pris en flagrant délit selon les premières informations, l’intéressé aurait été immédiatement interpellé puis conduit dans les locaux de la brigade spéciale de police judiciaire, une unité installée dans l’enceinte même du palais de justice de Libreville et placée sous le contrôle direct du parquet général.

Toujours selon nos sources, Oye Meye aurait été placé en garde à vue dans cette unité et les gendarmes auraient commencé à procéder à son audition afin d’établir les circonstances précises de cette tentative présumée de vol.

Certaines sources évoquent également la présence, au moment des faits, d’un individu présenté comme un proche du procureur général, sans que les circonstances exactes de cette présence ne soient pour l’heure clairement établies.

Une remise en liberté qui interroge

Alors que l’audition de l’intéressé venait à peine de débuter, la situation aurait connu un rebondissement inattendu. Selon plusieurs sources concordantes, Oye Meye aurait été libéré sur instruction du parquet général, alors même que les enquêteurs de la brigade spéciale de police judiciaire n’avaient pas achevé son audition.

Une décision qui soulève des interrogations au sein même de certains milieux judiciaires, dans la mesure où l’intéressé avait été appréhendé dans le cadre d’un flagrant délit portant sur des scellés judiciaires.

Dans le même temps, l’enquête aurait été retirée à la brigade spéciale de police judiciaire pour être confiée à une autre unité : la brigade de gendarmerie de la Setrag, basée à Owendo.

Une affaire qui jette le trouble dans l’opinion

Ce transfert de l’enquête et les circonstances de la remise en liberté de l’intéressé alimentent désormais de nombreuses interrogations, tant au sein du palais de justice que dans l’opinion publique.

Car au-delà du fait divers, l’affaire touche à une question particulièrement sensible : la gestion des scellés judiciaires et la transparence des procédures au sein même de l’institution chargée de faire appliquer la loi.

Dans un contexte où la justice gabonaise est régulièrement appelée à renforcer sa crédibilité et son exemplarité, un tel incident ne manque pas de susciter un malaise.

Le ministre de la Justice attendu sur ce dossier

Face à la gravité des faits rapportés, plusieurs observateurs estiment que des clarifications rapides s’imposent. D’ailleurs une source proche du ministère de tutelle a confirmé les faits et la mise en garde à vue du mis en cause. Le ministre de la Justice, Augustin Emane, réputé pour sa rigueur et son attachement aux principes de probité dans la gestion des institutions judiciaires, pourrait être amené à se prononcer sur cette affaire qui éclabousse une fois de plus l’image de la justice.

Au-delà des responsabilités individuelles qui pourraient être établies dans le cadre de l’enquête, l’enjeu est désormais institutionnel : faire toute la lumière sur les circonstances de cet incident et restaurer la confiance dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire.

Car dans une démocratie, la justice ne peut se permettre d’être soupçonnée d’opacité lorsqu’un incident survient en son sein, encore moins lorsque celui-ci concerne la gestion de pièces à conviction placées sous scellés judiciaires.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page