Le Chemin de Fer imaginaire comme on aurait pu l’avoir : histoire à raconter

Souvent il est dit chez nous les Bantou du Gabon que les éléphants marchent lentement dans les savanes et les forêts parce que leur ancêtre était tombé dans un précipice creusé par les chasseurs et avait perdu la vie pour n’avoir pas écouté le conseil de son frère ancêtre des caméléons qui lui répétait fréquemment « frère éléphant, le monde se perce ».
Chez nous les Bantou, le caméléon nous enseigne par l’expérience de ses multiples chutes dans le passé. Mais souvent, nous nous comportons comme le frère éléphant, trop grand et trop fort pour écouter le minuscule caméléon.
Chez certains, la chaine d’union veut que le message qui part d’un maillon à un autre en cercle retourne identique au maillon initial. Si le rat palmiste dit au Lion, roi de la forêt, que comment doit cheminer le tunnel, que l’éléphant ne le contredise pas pour faire passer une autre option.
Peut-être que cette histoire de surdité sélective est aujourd’hui celle du nouveau chemin de fer projeté pour le Gabon et l’Afrique Centrale de demain (Komo Ogooué Railway – KOR – pour INPAX SA, Projet Axe BELIMAYE pour Thelo DB etc.).
Les pays miniers et industrialisés du monde s’interdisent deux (2) choses :
- Donner la concession de leurs chemins de fer à une quelconque compagnie minière qui freinerait par son monopole sur la ligne le développement de l’activité des autres compagnies, donc de l’économie, et
- Construire des chemins de fer d’exportation qui deviendront des éléphants blancs une fois les exploitations des mines terminées : pensons à notre progéniture.
Les scénarii proposés
Ils sont six (6) :
- INPAX SA : Belinga – Cocobeach, Belinga – Booué – Owendo, Belinga – Ndjolé – Port-Gentil et Belinga – Ndjolé – Mayumba.
- Thelo DB : (Phase 1) Belinga – Makokou – Ovan – Booué – Lastourville – Koulamoutou – Mbigou – Lébamba – Ndendé – Milingui – Mayumba et (Phase 2) Baniaka – Pana – Popa – Mbigou.
- Fortescue : Belinga – Kobé Kobé.
INPAX SA
- Belinga – Cocobeach : chemin de fer d’exportation directe qui deviendra un éléphant blanc après le Belinga car il ne servira qu’au passager qui n’est pas rentable à exploiter avec une aussi faible population ; problème sécuritaire dû à la proximité de la frontière de la Guinée Équatoriale ; État Gabonais absence de budget pour financer ce projet à fonds propres ($ 5,36 Milliards).
- Belinga – Booué – Owendo : saturation du port d’Owendo et problème de tirant d’eau à moins de 13m ; État Gabonais absence de budget pour financer ce projet à fonds propres ($ 5,65 Milliard sur connexion à la Transgabonaise).
- Belinga – Ndjolé – Port Gentil : terrain instable et marécageux ; zone portuaire sablonneuse et instable ; État Gabonais absence de budget pour financer ce projet à fonds propres ($ 6.49 Milliards).
- Belinga – Ndjolé – Mayumba : difficultés sur la traversée du Mayombe ; zone portuaire stable et loin de la frontière du Congo ; État Gabonais absence de budget pour financer ce projet à fonds propres ($ 9,8 Milliard).
Thelo DB
- Belinga-Ovan-Makokou-Booue-Lastourville– Koulamoutou – Mbigou – Lébamba – Ndendé – Milingui – Mayumba : traverse onze (11) villes à fort potentiel minier et aux abords desquels se trouvent des zones minières ; crée l’axe sécuritaire humain Est du pays ; se connecte par Ndendé aux routes Mouila – Fougamou – Lambaréné – Libreville et Yombi – Mandji – Omboué – Port Gentil, et au fleuve Ogooué depuis Lambaréné à Port Gentil; entièrement financé en BOOT par AfreximBank ($11 Milliards) avec 15% d’actions gratuites au Gouvernement Gabonais ; utile même après Belinga à cause des autres mines et activités forestières.
- Baniaka – Pana – Popa – Mbigou : se connecte à Mayumba et au reste du pays par la route à Mbigou ; traverse quatre (4) villes à haut potentiel minier et activités annexes ; entièrement financé en BOOT par AfreximBank ($ 3 Milliards) avec 15% d’actions gratuites au Gouvernement Gabonais.
La Trans Équatoriale BELIMAYE pourrait connecter les gisements de fer du nord du Congo Brazza et du Cameroun au port de Mayumba en payant également une taxe de passage et de stockage directement à la douane Gabonaise. Il interconnecte cinq (5) provinces du Gabon par le chemin de fer et rejoint trois (3) autres par la route.
Fortescue
- Belinga – Kobé Kobé : chemin de fer d’exportation qui pourrait devenir un éléphant blanc après la fin de l’exploitation de la mine de fer de Belinga car le passager ne pourra pas financer son entretien ; il faudra que les écologistes pensent au devenir du Parc National de Wonga Wongué qui est le dernier paradis terrestre après sa construction ; ce projet est financé entièrement par les réseaux financiers de Fortescue et aucune action à l’État Gabonais ; chemin de fer directe inaccessible aux autres compagnies minières et forestières donc peu viable sur le plan économique ; chemin de fer et port privés qui pourrait échapper au contrôle douanier, policier et de la gendarmerie.
Il a été bon de dire l’histoire du chemin fer imaginaire du Gabon. Les animaux de la brousse ont lu et compris. Peut-être que le rat palmiste connait mal le cheminement des tunnels et la manière de les creuser. Peut-être également que cette fois, le message de l’éléphant ne sera plus le seul à être écouté par le Lion, roi de la forêt. Mais pour l’instant, « frères de la forêt, le monde se perce ».
Par Dr. Gabriel L. NGOUESSY-GUIBINGA
PhD, MBA, CPLC, CPFA – Wits Business School
BSc Hons, BSc – Wits University










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