Interdiction d’importation du poulet de chair : le Gouvernement affine la feuille de route avant l’échéance de 2027
À moins d’un an de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’importation du poulet de chair, prévue au 1er janvier 2027, le Gouvernement a tenu une réunion interministérielle stratégique afin d’évaluer l’état d’avancement du projet et d’accélérer la structuration de la filière avicole nationale. Objectif : garantir la souveraineté alimentaire sans rupture d’approvisionnement.
Au lendemain du Conseil des ministres, une réunion de haut niveau s’est tenue sous la présidence du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, pour faire le point d’étape sur l’un des chantiers agricoles les plus sensibles de la transition. Au cœur des échanges : le respect du calendrier fixé par le Chef de l’État et la capacité réelle du pays à substituer la production locale aux importations.
Une réforme au cœur de la souveraineté alimentaire
D’entrée de jeu, le Vice-Président du Gouvernement a rappelé la portée stratégique de la mesure, inscrite dans la vision de souveraineté alimentaire impulsée par Brice Clotaire Oligui Nguema. L’interdiction d’importation du poulet de chair vise à réduire la dépendance extérieure, à créer de la valeur ajoutée localement et à générer des emplois durables dans l’agriculture et l’agro-industrie.
Il s’agissait, a-t-il précisé, d’identifier les avancées concrètes, mais aussi les goulots d’étranglement susceptibles de compromettre l’échéance de 2027, afin d’y apporter des réponses immédiates.
Une filière à structurer de bout en bout
Chef de file du dossier, le ministère de l’Agriculture a présenté une approche globale de la filière avicole, articulée autour de l’ensemble de la chaîne de valeur : accès au foncier, intrants, production, transformation, distribution, financement et encadrement réglementaire.
Si les politiques publiques se sont longtemps concentrées sur l’augmentation de la production, les autorités reconnaissent désormais que la réussite de l’interdiction repose sur une interconnexion fluide entre tous les maillons, du producteur au consommateur final. À ce titre, les sites destinés aux fermes agricoles intégrées initiées par le Chef de l’État sont identifiés, tandis que leur sécurisation juridique est en cours. Un appel à partenariats public-privé est également en préparation, avec l’étude de quinze pôles agricoles prioritaires.
Intrants, transformation et distribution : les points de vigilance
Sur le volet des intrants, une approche hybride a été retenue, combinant production locale et importations ciblées. Les besoins annuels sont évalués à près de 70 000 tonnes de maïs et de soja. La Centrale d’achat du Gabon pourrait être mise à contribution pour sécuriser les volumes importés nécessaires à la phase de transition.
La transformation demeure un maillon critique. Les capacités actuelles des abattoirs ne permettent pas encore d’absorber les volumes projetés. Des solutions d’urgence sont à l’étude, parallèlement à une stratégie de moyen et long terme intégrant l’autonomie énergétique et hydraulique des unités de transformation, notamment via le solaire et les forages.
Autre défi : l’intégration des producteurs nationaux, aujourd’hui cantonnés à des marchés de niche, dans les circuits structurés que sont les grandes surfaces, la restauration collective et la distribution de masse. Des concertations sont engagées avec les acteurs du secteur pour accompagner cette montée en puissance.
Une mobilisation interministérielle assumée
Les autres départements ministériels ont détaillé leurs contributions. Le ministère en charge de l’Énergie a insisté sur la nécessité d’une cartographie précise des fermes pour adapter les solutions énergétiques. Celui de la Santé a annoncé la réhabilitation progressive des laboratoires de contrôle sanitaire entre mars et juillet 2026, ainsi qu’un renforcement de la surveillance des maladies aviaires. La lutte contre la contrebande et le renforcement des contrôles aux frontières ont également été évoqués comme des conditions essentielles au succès de la réforme.
Cap maintenu et exigence de résultats
En clôture des travaux, le Vice-Président du Gouvernement a confirmé le ministère de l’Agriculture comme chef de file du projet et exigé de chaque département un plan sectoriel clair, intégré dans un programme unifié. La priorité est donnée aux actions immédiates, sans attendre des financements lourds.
Message sans ambiguïté : la réussite de l’interdiction d’importation du poulet de chair dépendra de la discipline collective, de la coordination interministérielle et du respect strict des délais. À un an de l’échéance, le compte à rebours est bel et bien lancé.









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