Gabon : vers une caporalisation des libertés publiques ?
Alors que le Gabon s’est officiellement engagé dans la Cinquième République, une interrogation traverse désormais le débat public. Les libertés publiques sont-elles en train de reculer ? La multiplication récente des interpellations et procédures visant des citoyens et des leaders d’opinion nourrit un climat de doute. Beaucoup y voient un décalage préoccupant entre les promesses de restauration de l’État de droit et les pratiques observées sur le terrain, donnant le sentiment que la transition institutionnelle peine à se traduire en garanties effectives des droits fondamentaux.
Pourtant, la Constitution adoptée en 2024 consacre explicitement la liberté d’expression, pilier central de toute démocratie. Ce principe intangible, devait marquer une rupture avec les dérives du passé. Or, ces dernières semaines, un vent de « caporalisation » semble s’installer, à mesure que des poursuites judiciaires sont engagées contre des voix critiques. Cette tendance alimente l’idée d’un encadrement de plus en plus strict de la parole publique, en contradiction apparente avec l’esprit du texte fondamental.
Inquiétudes croissantes face au risque d’arbitraire
L’inquiétude ne se limite plus aux conversations privées puisque des organisations comme le SYNAMAG, SOS Prisonniers Gabon, ainsi que des acteurs politiques et de la société civile, ont publiquement tiré la sonnette d’alarme. Tous redoutent un glissement vers l’arbitraire, où la justice deviendrait l’instrument d’une répression ciblée. Ce malaise est tel que certains citoyens en viennent à regretter le régime honni d’hier, estimant que la liberté de parole y était, paradoxalement, moins exposée qu’aujourd’hui.
Depuis des années, les gabonais dénoncent le laxisme judiciaire face aux scandales financiers et aux détournements de fonds publics impliquant des personnalités publiques. Or, la justice actuelle semble frapper davantage les « petites gens » que les figures citées dans de lourds dossiers. Beaucoup espéraient un renouveau, fondé sur l’indépendance réelle du pouvoir judiciaire. À l’épreuve des tensions sociales, la Cinquième République se trouve désormais sommée de trouver l’équilibre entre fermeté de la loi et respect scrupuleux des libertés publiques faute de quoi, les promesses de renouveau démocratique ne seraient que de pâles discours bons pour être exposés dans des Musées.








GMT TV
[youtube-feed feed=2]