Gabon : «Servir et non se servir» : le pari éthique de Pierre Rizogo Rousselot à Port-Gentil

Deux ans après sa nomination à la tête de la mairie de Port-Gentil, le général des Corps d’Armée Pierre Rizogo Rousselot dresse un bilan marqué par une philosophie simple mais forte : la probité avant tout. Dans un entretien exclusif accordé à Gabon Media Time (GMT) le 23 août 2025, dans ses bureaux du centre-ville, l’édile de la capitale économique a réaffirmé qu’il est venu “servir et non se servir”, à rebours des pratiques qui ont souvent terni la gestion municipale.
Une éthique de service public assumée. Nommé délégué spécial de la commune de Port-Gentil à la suite de la transition politique entamée le 23 août 2023, le Général Pierre Rizogo Rousselot revendique un mandat placé sous le sceau de la loyauté et du désintéressement. « Je suis venu à Port-Gentil pour servir, pas pour me servir. Les occasions de m’enrichir n’ont pas manqué, mais je n’y ai pas prêté le flanc. Parce que la dignité et la loyauté valent plus que tout », a-t-il confié à GMT.
Dans un contexte où la méfiance des citoyens vis-à-vis des institutions locales reste élevée, cette déclaration résonne comme une rupture avec l’image d’une mairie souvent perçue comme un guichet d’intérêts privés. Pour Pierre Rizogo Rousselot, l’intégrité est un socle non négociable, indispensable pour restaurer la confiance entre l’autorité municipale et les habitants.
Entre rigueur militaire et défis urbains
L’ancien chef d’état-major général adjoint chargé des opérations applique à la gestion de la commune une méthode inspirée de son parcours militaire : discipline, organisation et fermeté. Les actions engagées depuis deux ans, qu’il s’agisse de la réorganisation des marchés du Grand Village ou de la protection de la mangrove, s’inscrivent dans cette logique.
Conscient des limites budgétaires et des dettes héritées — plus de 6 milliards de francs CFA envers la société GPS —, il reconnaît les difficultés matérielles mais refuse toute complaisance. « Les critiques sont inévitables, mais elles ne reflètent pas toujours la réalité. Le spectateur croit que le joueur joue mal, sans voir les efforts du terrain », explique-t-il, comparant son action à celle d’un joueur engagé malgré un contexte défavorable.
Restaurer la confiance des Port-Gentillais
Au-delà des infrastructures et de la salubrité, le défi du délégué spécial reste celui d’une mentalité collective à transformer. « Le développement d’une ville est une responsabilité partagée. Les autorités ne peuvent pas tout, surtout si les citoyens refusent de respecter les règles », a-t-il rappelé.
Par cette posture, Pierre Rizogo Rousselot entend inscrire Port-Gentil dans une nouvelle dynamique, où l’exemple vient d’en haut mais appelle aussi l’engagement de chacun. Dans une capitale économique souvent perçue comme laissée-pour-compte, son pari éthique — servir et non se servir — se veut un signal fort, autant politique que moral.
GMT TV