Gabon : reprise des cours ou poursuite de la grève, les élèves livrés à l’insécurité !
Alors que les enseignants ont décidé à l’unanimité, le 17 janvier, lors de l’Assemblée générale tenue avec la base du collectif SOS Éducation, de prolonger le mouvement de grève, le Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique a, dans un communiqué diffusé sur Gabon 1ère le 18 janvier 2026, annoncé la reprise des cours à compter du lundi 19 janvier. Une situation paradoxale qui a semé la confusion chez de nombreux apprenants. Plusieurs d’entre eux se sont rendus dans leurs établissements, trouvés pourtant déserts, les exposant à des risques d’agressions, d’enlèvements et à d’autres dangers.
Le bras de fer entre le ministère de l’Éducation nationale et les enseignants semble loin de connaître son épilogue. D’un côté, des enseignants déterminés, qui affirment que leurs revendications doivent être entièrement satisfaites avant tout retour en classe. De l’autre, la tutelle qui annonce la reprise effective des cours et invite les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Ce jeu du chat et de la souris fait peser un véritable danger sur les apprenants, désormais pris en étau entre deux discours contradictoires.
Des élèves exposés à l’insécurité en l’absence du personnel éducatif
Dans plusieurs établissements, notamment à l’école publique de Belle Vue 3, au lycée Bessieux ou encore au CES Damas, des élèves ont été déposés par leurs parents. Faute d’enseignants présents dans les salles de classe, ils ont été contraints de rebrousser chemin pour regagner leurs domiciles. Une situation d’autant plus inquiétante que ces enfants, livrés à eux-mêmes, peuvent être victimes d’agressions ou de toute autre forme de violence. Ils errent sans encadrement, exposés à tous les vices et à tous les dangers de la rue.
Pour prévenir ces risques, le ministère de l’Intérieur pourrait, à titre provisoire, déployer des agents de la police nationale devant chaque établissement afin d’assurer la sécurité des élèves ou de dissuader leur dispersion à travers la capitale. Un tel dispositif permettrait de veiller sur ces enfants et de s’assurer qu’ils ne restent pas sans surveillance, dans un contexte déjà fortement dégradé par la crise sociale dans le secteur éducatif.
Au-delà du climat délétère qui prévaut entre les partenaires sociaux et l’administration, la question de la sécurité des apprenants ne saurait être reléguée au second plan. Car une réalité demeure : les enseignants ne sont pas de retour dans les salles de classe et les élèves se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Il y a donc urgence à trouver une solution concertée, responsable et durable, afin de préserver à la fois le droit à l’éducation et la sécurité des enfants.








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