Gabon : près de 10 milliards évaporés au Tourisme sous Pascal Ogowe Siffon
Alors que la transition politique touche à son terme, des zones d’ombre entourent l’utilisation d’environ 9,7 milliards de francs CFA mobilisés pour relancer la filière touristique. Entre financements publics, dividendes d’hôtels réquisitionnés, et enveloppes issues de la RSE, la question demeure : où est passé l’argent destiné à redorer l’image du tourisme gabonais ?
Dès le début de la transition, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la Transition, confiait à Pascal Ogowe Siffon, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, une mission claire : redonner vie à un secteur stratégique longtemps laissé en friche. Une ambition soutenue par une manne financière conséquente.
Près de 10 milliards mobilisés : où est passée la relance touristique ?
Selon plusieurs sources concordantes, 2 milliards de FCFA auraient été alloués pour la construction de lodges destinés à promouvoir le tourisme local. Une enveloppe identique, provenant cette fois d’un mécanisme de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), aurait porté le total à 4 milliards.
À ces montants s’ajouteraient 3 milliards de FCFA issus des dividendes versés dans le cadre de l’exploitation de l’hôtel Okoumé Palace (Radisson Blu), ainsi que des contributions financières d’hôtels Onomo, passés sous pavillon gabonais après réquisition de l’État. L’ensemble atteindrait près de 9 milliards 72 millions de FCFA.
Avec une telle capacité financière, le ministère devait notamment formuler une offre d’achat de l’hôtel Bouding à Moanda, propriété de la Comilog. Pourtant, aucune acquisition stratégique n’a été réalisée, et les infrastructures touristiques attendues n’ont pas vu le jour.
Des caravanes touristiques à plusieurs milliards ?
L’organisation de deux caravanes touristiques, pourtant soutenues par le président de la République et la Première dame, peut-elle raisonnablement justifier l’absorption d’un tel volume financier ? Rien ne permet aujourd’hui de l’affirmer. « Le fonctionnement du ministère sur deux ans ne peut absorber près de 10 milliards. C’est impossible, » confie une source administrative proche du dossier.
Des projets annoncés, des réalisations dérisoires
Au Lac Bleu de Mouila, l’un des chantiers emblématiques annoncés, moins de 500 millions de FCFA auraient été effectivement payés à l’entrepreneur, selon des sources internes. Les comptes bancaires du ministère afficheraient aujourd’hui à peine 500 millions à la BGFIBank, et 21 millions à la Caisse des dépôts et consignations.
Le constat est brutal : près de 10 milliards décaissés, sans constructions majeures, sans renforcement du personnel, sans création d’emplois significative.
Une politique touristique sabotée ?
La question qui fâche reste entière : Pourquoi les éco-lodges voulus par le chef de l’État n’ont-ils jamais vu le jour ? Qu’est devenue la manne financière sensée impulser un secteur clé de la diversification économique ?
Au moment du bilan, l’échec saute aux yeux. Et il rappelle, une fois de plus, que « ceux qui n’ont pas l’esprit de bâtisseurs devraient repenser leurs actes », souffle un cadre du ministère, amer. La relance touristique attendra. Les éclaircissements aussi.









GMT TV