A La UneDerniers articlesJUSTICE

Gabon : les gardés à vue encore exposés malgré l’interdiction du Dr. Eddy Minang !

Ecouter l'article

Malgré les rappels fermes du Procureur Général près la Cour d’appel, Dr. Eddy Minang, les écueils aux procédures judiciaires gabonaises se poursuivent. Bafouant allègrement les recommandations faites le jeudi 15 janvier 2026, lors de sa rencontre avec les Officiers de Police Judiciaire (OPJ), par le magistrat. Ce dernier avait interdit la diffusion d’images ou d’interviews de personnes placées en garde à vue. Au nom du respect du secret professionnel et de la présomption d’innocence.

Pourtant, à peine quelques jours plus tard, ces consignes ont été superbement ignorées dans l’affaire de l’activiste Bob Mengome. Arrêté puis placé en garde à vue, ce dernier a été exposé aux médias publics, notamment à travers un reportage diffusé par Gabon Première. On y voit et entend l’intéressé interrogé alors même qu’il se trouvait encore sous le régime de la garde à vue. Une étape bien avant son défèrement et son placement sous mandat de dépôt prononcé le 19 janvier.

SOS Prisonniers exaspéré par les pratiques illégales !

L’entorse flagrante susmentionnée n’a pas manqué d’être dénoncée par la plateforme SOS Prisonniers Gabon (SPG). D’ailleurs, le président, Lionel Ella Engonga, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à un récent reportage. « La diffusion d’un tel contenu constitue une atteinte grave à la présomption d’innocence et viole les dispositions légales en vigueur. Les OPJ n’ont aucun droit d’exposer à la presse une personne en garde à vue. ». SPG rappelle que cette pratique transforme la justice en spectacle médiatique.

Une démarche qui vise à stigmatiser prématurément l’individu et à compromettre l’équité du procès. Il faut se le dire en respect à l’esprit et à la lettre de la loi pénale au Gabon : en procédant ainsi, l’arbitraire est double. D’une part, les OPJ, pourtant destinataires directs des mises en garde du Procureur Général, auraient choisi de reconduire des méthodes prohibées. Ce qui révèle un mépris sélectif de la hiérarchie judiciaire. D’autre part, la presse se rend complice en relayant ces images et déclarations sans égard pour l’éthique journalistique. 

Chers confrères, en diffusant un entretien obtenu en garde à vue, nous les médias nous outrepassons les principes déontologiques qui imposent de protéger la présomption d’innocence et de ne pas servir d’instrument à des autorités en quête de communication punitive. Pour stopper l’hémorragie, SOS Prisonniers Gabon appelle à un sursaut immédiat. Car au-delà du cas Bob Mengome, c’est la crédibilité de l’État de droit gabonais qui est en jeu. Le Dr. Eddy Minang avait tracé une ligne rouge ; il est temps que celle-ci soit respectée, par les forces de l’ordre comme par les médias.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page