Gabon : le gouvernement revoit à la hausse son programme de financement sur le marché des titres de la CEMAC
Le gouvernement a annoncé une révision significative de son programme de financement sur le marché des titres publics de la CEMAC pour le premier trimestre 2026. Selon le calendrier révisé des émissions établi par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), le Trésor gabonais prévoit désormais de lever entre 291 et 331 milliards FCFA lors de la période de janvier à mars 2026, contre une estimation initiale de 201 à 231 milliards FCFA. Cette augmentation de 43 % en valeur témoigne d’une stratégie proactive dans la gestion de la dette publique.
L’accroissement des objectifs de financement s’appuie davantage sur l’émission des Bons du Trésor assimilables (BTA) et des Obligations du Trésor assimilables (OTA). Les montants projetés pour les BTA passent de 126 milliards FCFA à 166 milliards FCFA, tandis que les OTA devraient atteindre entre 125 et 165 milliards FCFA, en hausse par rapport aux 75 à 105 milliards FCFA initialement prévus. Ce réajustement reflète une volonté claire du gouvernement de diversifier et de prolonger la maturité de sa dette tout en maintenant une part importante de financement à court terme.
Plus de 1000 milliards pour le programme annuel d’émission du Gabon
Pour l’année 2026 dans son ensemble, le programme annuel d’émissions du Gabon a été établi à 1 046 milliards FCFA, avec 566 milliards FCFA alloués aux BTA et 480 milliards FCFA aux OTA. Ainsi, le premier trimestre pourrait représenter jusqu’à 32 % de cet objectif annuel, soulignant l’importance capitale du marché régional comme principal levier de financement du budget gabonais, en complément des ressources fiscales et des appuis extérieurs.
Cependant, cette intensification du recours au marché des titres présente un signal ambivalent pour l’économie gabonaise. D’une part, elle démontre la capacité du Trésor à attirer l’épargne régionale et à satisfaire l’appétit des investisseurs pour les titres de la signature gabonaise. D’autre part, elle soulève des interrogations quant à l’affectation des fonds levés. L’avenir budgétaire du Gabon dépendra en effet de la capacité à diriger ces montants importants, estimés entre 300 et 330 milliards FCFA, vers des dépenses productives génératrices de croissance et de recettes futures, plutôt que vers le simple remboursement de tensions de trésorerie.









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