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Gabon : la contraception, une méthode peu prisée par les personnes démunies

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Une publication datée de septembre 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que la contraception constitue un levier essentiel pour l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive. Pourtant, au Gabon, cette réalité peine à s’ancrer durablement dans les pratiques. Selon les statistiques de la Banque mondiale, en 2021, seules 24,80 % des femmes âgées de 15 à 49 ans utilisaient une méthode contraceptive. Un taux particulièrement faible au regard d’un constat préoccupant : ce sont souvent les couples les plus défavorisés qui enregistrent le plus grand nombre de naissances.

Pas une semaine ne s’écoule sans que des appels à l’aide ne soient lancés. Tantôt des mères voient leurs enfants retenus dans des structures de santé faute de moyens pour régler les frais médicaux, tantôt des couples, déjà fragilisés économiquement, sollicitent la solidarité après l’arrivée de nouveaux-nés qu’ils peinent à nourrir. Ces situations, fréquentes, concernent majoritairement des personnes vivant dans une grande précarité, qui, malgré des conditions de vie difficiles, enregistrent des grossesses presque chaque année.

Entre accès gratuit et manque de sensibilisation

Un tel phénomène interroge. En effet,  comment expliquer que des personnes éprouvant déjà des difficultés à se nourrir correctement soient exposées à des grossesses non désirées sans recourir aux méthodes de planification familiale disponibles ? Plus étonnant encore, certains adultes se disent surpris par ces naissances non planifiées, alors même que la contraception est accessible gratuitement et sans ordonnance dans plusieurs structures publiques. 

Les Centres hospitaliers universitaires (CHU), le centre de planification familiale de l’hôpital de coopération sino-gabonaise à Libreville ou encore le Centre de santé intégré de la reproduction (SIRE) offrent pourtant un large éventail de services.  Il s’agit entre autres de la contraception, le suivi gynécologique, les examens biologiques et un accompagnement psychologique à destination des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables. Malgré ces dispositifs, de nombreux couples défavorisés continuent de ne pas y recourir. Une attitude préoccupante, tant les conséquences peuvent être lourdes. 

Les populations démunies appelées à la responsabilité 

Dans bien des cas, l’absence de suivi prénatal conduit à la découverte tardive d’anomalies congénitales au moment de l’accouchement, compromettant davantage la santé de la mère et de l’enfant. Cette situation appelle à une prise de conscience collective. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme.  Les populations démunies ne sont ni dépourvues de raison ni de capacité de discernement.

 Si les autorités multiplient les efforts pour améliorer l’accès aux soins et à l’information, il demeure indispensable que chacun assume pleinement sa responsabilité en matière de procréation. L’urgence est aujourd’hui double : renforcer la sensibilisation et intensifier la communication autour de la contraception afin d’en faire un véritable outil de prévention, au service de la santé, de la dignité et de l’équilibre des familles.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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