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Gabon : la 4ème, la dernière classe du cycle secondaire de l’ENEDA

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Établissement d’utilité publique, l’École nationale pour enfants déficients auditifs (ENEDA), située dans le 6ème arrondissement de Libreville, a pour mission d’assurer l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire, ainsi que la rééducation des enfants déficients auditifs, leur prise en charge psychosociale et leur réinsertion sociale. Pourtant, force est de constater que le parcours scolaire au sein de cette école spécialisée s’interrompt en classe de 4ème. Une réalité confirmée par un document officiel du ministère des Affaires sociales publié en 2018, qui soulève une question fondamentale, quelle suite est réservée à ces élèves après cette étape ?

Selon les informations officielles du ministère des Affaires sociales, depuis 1983, cette école est reconnue d’utilité publique. Placée sous la tutelle du ministère par arrêté n°0012/MASSSBE/DGAS du 05 novembre 1985 portant création d’une école pour enfants sourds et muets, c’est en 1989, que l’établissement devient officiellement l’École nationale pour enfants déficients auditifs (ENEDA). La même année, un protocole d’accord est signé entre le ministère des Affaires sociales et le ministère de l’Éducation nationale. 

Malgré ce cadre institutionnel ancien et structurant, force est de constater que le parcours scolaire au sein de cette école spécialisée s’interrompt en classe de 4ème.  En effet, le Gabon ne dispose pas d’un nombre suffisant d’établissements spécialisés pour assurer un suivi complet des enfants en situation de handicap. Cette insuffisance rend particulièrement difficile leur inclusion scolaire et sociale, alors même qu’ils constituent un groupe vulnérable nécessitant un accompagnement renforcé. De ce fait, l’ENEDA apparaît comme l’un des rares cadres structurés dédiés à leur scolarisation. 

La 4ème, un plafond scolaire pour les élèves déficients auditifs

L’offre de formation couvre trois cycles à savoir  le préscolaire, le primaire au terme duquel les apprenants participent à l’examen du Certificat d’études primaires (CEP) et le secondaire, limité aux classes de 6ème, 5ème et 4ème. Pour les élèves déficients auditifs, cette dernière constitue ainsi l’ultime étape de leur parcours académique dans le système formel. Cette situation interroge profondément. Pourquoi limiter ces élèves à la classe de 4ème ? Pourquoi freiner ceux qui disposent des capacités et de la motivation pour poursuivre leurs études ? 

Qu’advient-il de leur droit à présenter le Brevet d’études du premier cycle, puis le baccalauréat ? Autant de questions qui mettent en lumière les insuffisances des mesures d’accompagnement prévues par le ministère des Affaires sociales. Faute de passerelles vers les cycles supérieurs et de solutions adaptées, ces jeunes risquent de voir leur avenir compromis, renforçant ainsi les mécanismes de marginalisation que l’école est pourtant censée combattre.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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