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Gabon : Jean Valentin Leyama interroge l’«intouchabilité» des magistrats grévistes 

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Dans une déclaration publiée sur Facebook, l’ancien député de la Transition Jean Valentin Leyama relance un débat sensible mais central : celui de la responsabilité des magistrats et de la crédibilité de l’indépendance de la justice au Gabon. À travers une série d’exemples concrets, il dénonce ce qu’il considère comme une justice à deux vitesses.

La question de l’indépendance de la justice est régulièrement invoquée dans le débat public gabonais. Mais pour Jean Valentin Leyama, cette indépendance ne saurait être crédible sans un préalable fondamental : l’assainissement moral et disciplinaire de la corporation des magistrats. Dans un propos sans détour, l’ancien parlementaire de la Transition pointe une série de faits qui, selon lui, traduisent une forme d’impunité structurelle.

Des magistrats au-dessus des règles communes ?

Jean Valentin Leyama rappelle qu’il y a quelques années, des magistrats en grève avaient organisé une marche et un sit-in en toge au rond-point de la Démocratie, un site pourtant hautement sécurisé et placé sous surveillance policière permanente. Une action assimilable, pour tout autre corps social, à un trouble à l’ordre public. Pourtant, souligne-t-il, aucune interpellation n’avait été opérée.

Plus encore, ces mêmes magistrats avaient paralysé l’activité judiciaire pendant près d’une année sans qu’aucune mesure coercitive ne soit prise à leur encontre. « Personne n’a été mis sous bon de caisse », observe-t-il, en référence aux sanctions habituellement infligées à d’autres catégories socioprofessionnelles.

Discipline interne et promotions controversées

L’ancien député va plus loin en évoquant des cas de magistrats, y compris à de très hauts niveaux, traduits devant le Conseil de discipline pour des faits qui auraient valu une incarcération immédiate à des justiciables ordinaires. Là encore, le constat est sévère : non seulement ces procédures n’auraient pas abouti à des sanctions dissuasives, mais certains concernés auraient, par la suite, bénéficié de promotions.

Pour Jean Valentin Leyama, le problème n’est pas celui d’une hostilité à l’égard des magistrats. « Ce ne sont pas des martiens », écrit-il, rappelant la proximité sociale dans un pays où « tout le monde se connaît ». Mais précisément, cette proximité impose davantage de rigueur et de transparence.

Une indépendance conditionnée à la moralisation

En conclusion, l’ancien député estime que sans une véritable moralisation et un assainissement interne de la magistrature, l’indépendance de la justice restera « au stade des incantations ». Une prise de position qui intervient alors que les notions d’« outrage à magistrat » et de respect de l’autorité judiciaire sont de plus en plus invoquées dans l’espace public.

Une interpellation frontale qui pose une question centrale : peut-on exiger le respect de la justice sans exiger, en retour, une exemplarité irréprochable de ceux qui l’incarnent ?

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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