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Gabon : 65 milliards de FCFA dépensés pour l’importation de poulet surgelé par an

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Le Gabon fait face à un défi majeur en matière de souveraineté alimentaire : chaque année, le pays dépense 65 milliards de francs CFA en importations de poulet surgelé, selon les statistiques du ministère de l’Agriculture. Avec 65 000 tonnes de poulet, 3 000 tonnes de croupions et 600 tonnes de pattes de poule provenant principalement de l’étranger, cette situation représente une fuite de capitaux significative vers des pays comme le Brésil, les États-Unis ou l’Europe, au lieu d’injecter ces fonds dans l’économie locale et d’apporter un soutien aux éleveurs gabonais.

Actuellement, le marché de l’importation de la volaille est largement contrôlé par les entreprises San Gel et Sipagel, qui se partagent une part substantielle de cette demande en constante augmentation. En continuant à importer du poulet, non seulement le Gabon se prive d’une opportunité de développement économique, mais il « exporte » également des emplois, affectant ainsi le tissu économique national.

Une opportunité pour l’agrobusiness

Pourtant, cette dépendance à l’importation révèle un potentiel de croissance remarquable pour l’agrobusiness national. Contrairement à d’autres secteurs où la demande doit encore être cultivée, le marché du poulet est déjà établi et solvable. Les consommateurs attendent simplement une offre locale compétitive et de qualité pour remplacer les produits congelés étrangers.

Cela dit, pour transformer ce coût d’importation en chiffre d’affaires local, la filière avicole doit surmonter plusieurs obstacles structurels. Le coût élevé de l’alimentation animale, principalement composé de maïs et de soja importés, représente un défi majeur en renchérissant le prix du poulet « Made in Gabon ».

Vers une souveraineté alimentaire

Face à l’interdiction d’importation de poulet de chair qui entrera en vigueur en 2027, la reconquête de ce marché exige une stratégie intégrée. Produire les intrants sur place est crucial pour réduire les coûts et établir une chaîne de valeur complète, de l’accouvage à l’abattage.

Les autorités et le secteur privé doivent collaborer pour limiter ces importations. Si le Gabon parvenait à produire ne serait-ce que 30 % des poulets importés localement, cela pourrait entraîner un coup de fouet significatif au PIB agricole et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. 

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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