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FDS : Anges Kevin Nzigou pose les lignes rouges de son soutien au régime 

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Pour sa première sortie politique de l’année 2026, le Front démocratique socialiste (FDS) a réuni, ce dimanche 25 janvier, à Louis, une salle de fête pleine à craquer. Devant militants et sympathisants, son président Anges Kevin Nzigou a livré un discours dense, structuré comme un acte de doctrine : soutien assumé à la Transition née du 30 août 2023, mais refus catégorique de la compromission, dénonciation des “réflexes d’hier” et appel direct au président Brice Clotaire Oligui Nguema à reprendre la main, notamment sur la crise de l’éducation.

Un soutien à la nouvelle République, sans allégeance. Le chef de fil du FDS rappelle l’adhésion populaire au CTRI et le soutien initial de son parti, vécu comme une « rupture » après le système PDG. Mais il pose une limite : « adhérer ne signifie pas renoncer à penser ». Selon lui, le nouveau régime ne peut réussir si elle recycle les consciences et réflexes de l’ancien régime. « Il est difficile de construire le monde d’après avec les consciences du monde d’avant », a-t-il lâché, dénonçant une cohabitation qu’il juge moralement incohérente.

« Rester droits » : le socle idéologique revendiqué

Dignité humaine, justice sociale, solidarité : Anges Kevin Nzigou a martelé les fondamentaux socialistes du FDS, articulés à l’État de droit, aux libertés publiques et au refus de l’arbitraire. Dans la salle, le mot d’ordre est devenu un fil rouge : « rester droits », y compris quand la majorité du moment voudrait le silence.

Éducation : l’alerte maximale et l’appel à Oligui Nguema

Le passage le plus offensif vise la gestion de la grève dans l’éducation. Le FDS juge la situation « indigne », fustige les arrestations de syndicalistes et exige la libération « inconditionnelle » des détenus, citant notamment Marcel Libama et Simon Ndong Edzo. « Arrêter un syndicaliste (…) c’est une atteinte directe à la liberté », insiste Nzigou, rappelant qu’ « on peut être retraité et rester syndicaliste ». Et d’interpeller le chef de l’État : Oligui Nguema doit être « en première ligne », pour sortir de l’impasse.

Loi de finances 2026 : le spectre d’un choc social

Sur le terrain économique, le président du FDS évoque un « effet ciseau » : plus de taxes, moins de solidarité. Il pointe la fin de la subvention sur la farine, la pression fiscale sur le logement (CFU jusqu’à 15% cumulée à d’autres taxes), la hausse annoncée de l’électricité et la suppression de filets sociaux (transports, aides directes). Un cocktail qu’il juge socialement explosif.

Peine de mort : une « ligne rouge »

Enfin, Nzigou rejette tout retour de la peine capitale, qualifiée de « barbarie d’État », dénonçant une instrumentalisation émotionnelle des faits divers et un refuge idéologique pour des acteurs de l’ancien système.

Congrès : mobilisation générale

En clôture, le FDS prépare son Congrès, présenté comme l’acte de souveraineté militante : clarifier la trajectoire, les méthodes, les alliances et les lignes rouges. Message final : la nouvelle République peut être soutenue, mais elle sera surveillée, et contestée dès que l’État de droit recule.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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