Esther Miracle : 3 ans après toujours pas de stèle, pas de procès !
Trois ans après la tragédie qui a coûté la vie à plus de trente personnes au large de Libreville, le temps semble s’être figé à Libreville où les autorités publiques passées et actuelles se suivent et se ressemblent. Entre une stèle commémorative, promise avec fracas, invisible et un procès qui s’enlise dans les reports, les familles des victimes de l’Esther Miracle dénoncent un mépris institutionnel persistant.
Tout débute le 9 mars 2023 quand le Gabon sombrait dans l’effroi. Le naufrage du navire Esther Miracle ne se contentait pas d’endeuiller des dizaines de foyers ; il mettait à nu les failles abyssales de la sécurité maritime nationale. Dans l’émotion du drame, les autorités de l’époque, relayées par les institutions de la Transition, avaient multiplié les engagements forts pour que « plus jamais cela ne se reproduise »
L’édifice fantôme
Parmi ces promesses figurait l’érection d’une stèle commémorative à Libreville, un lieu de recueillement sacré pour honorer les disparus et offrir un rempart contre l’oubli. En ce mois de mars 2026, aucun édifice n’est sorti de terre. Pour les rescapés et les familles, ce vide architectural est le symbole d’un deuil empêché. « On nous a promis un monument pour ne pas oublier, mais le silence des autorités construit aujourd’hui le monument de l’indifférence », s’indigne un membre du collectif des victimes..
Le volet judiciaire ne s’avère guère plus reluisant. Alors que l’opinion publique espérait une vérité éclatante sur les responsabilités en cascade, de l’armateur aux inspecteurs de la marine marchande, la machine judiciaire gabonaise tourne à vide. Le procès, initialement attendu comme un signal fort de la fin de l’impunité, est devenu une source de frustration chronique. Après de multiples renvois, l’audience tant attendue au tribunal de Libreville a de nouveau été reportée sine die.
Les motifs, souvent d’ordre procédural ou liés à l’absence de certains conseils, ne passent plus auprès des parties civiles. Cette « dynamique de l’ajournement » laisse les coupables présumés dans une liberté de fait et les victimes dans une souffrance sans fin. Près de 500 jours après, l’Esther Miracle continue de couler chaque jour un peu plus dans les méandres de l’oubli administratif. Si les fleurs jetées à la mer chaque 9 mars finissent par faner, la soif de justice des Gabonais, elle, reste intacte.










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