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Crises sociales : Joël Mapangou dénonce une inversion des rôles au sommet de l’État

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Dans une déclaration relayée par Gabon Media Time le 26 janvier 2026, Joël Claincy Mapangou Mapangou interroge frontalement les pratiques de « médiation » en cours sous la Cinquième République. En cause : la multiplication d’intermédiaires improvisés entre les syndicats et le Chef de l’État, au mépris des principes élémentaires de l’architecture institutionnelle.

Quand le dernier recours devient le premier réflexe. « Dans une République à peu près normale, le Président de la République intervient en dernier ressort », rappelle Joël Claincy Mapangou Mapangou. Or, dans la gestion récente des crises sociales, notamment dans le secteur de l’éducation, le schéma semble inversé. Des rencontres sont organisées entre syndicats et Chef de l’État, sous l’égide de médiateurs autoproclamés, avant même l’activation des mécanismes institutionnels prévus.

Cette pratique brouille les lignes. Elle affaiblit la chaîne de responsabilités, marginalise les autorités légalement compétentes et installe une confusion préjudiciable à la crédibilité de l’action publique. À force de court-circuiter les institutions, c’est l’État lui-même qui se fragilise.

Des médiations hors cadre, au risque de l’improvisation

Le cœur de la critique est clair : la médiation n’est pas un spectacle politique, encore moins un exercice d’opportunisme. Elle obéit à des règles, à des compétences et à une hiérarchie. En multipliant les « facilitateurs » sans mandat clair, l’exécutif donne le sentiment d’un pilotage à vue, où l’urgence supplante la méthode.

Pour l’acteur politique, cette « inversion des rôles » interroge sur la conception même de la Cinquième République. Pourquoi confier à des intermédiaires improvisés une mission qui relève d’institutions établies ? Pourquoi exposer le Chef de l’État à des arbitrages prématurés, alors que des filtres administratifs et juridiques existent précisément pour préparer, instruire et stabiliser les décisions ?

Le risque d’un précédent institutionnel

Au-delà du cas d’espèce, l’enjeu est structurel. Si le Président intervient en première ligne à chaque tension sociale, la médiation perd sa raison d’être et l’autorité de l’État s’érode. La République se transforme alors en un espace de négociations permanentes, où la règle cède le pas à l’exception.

Joël Claincy Mapangou Mapangou pose la question qui dérange : « Pourquoi l’absurde semble-t-il avoir de l’avenir sous la Cinquième République ? » Une interrogation qui renvoie à la nécessité urgente de restaurer les procédures, de respecter les rôles et de redonner toute sa place à l’État régulateur.

Restaurer la République par la méthode

La sortie de crise ne peut être durable sans méthode. Elle suppose le respect des institutions, la clarté des responsabilités et l’usage rigoureux des outils de médiation légitimes. À défaut, la Cinquième République risque de s’installer dans une gouvernance de l’exception permanente, où chaque conflit devient un cas particulier traité dans l’urgence.

Le message est limpide : la République ne se renforce pas par l’improvisation, mais par la règle. Et c’est à ce prix seulement que l’autorité de l’État pourra être restaurée, sans confusion ni mise en scène inutile.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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