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Carmen Ndaot : «Les réseaux sociaux sont en train de détruire notre jeunesse»

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À bas bruit, loin des projecteurs politiques et des débats institutionnels, une autre crise ronge la société gabonaise : celle de l’addiction numérique de nos enfants. Téléphones, réseaux sociaux, contenus violents ou dégradants façonnent désormais le quotidien d’une jeunesse de plus en plus coupée de l’école, de la famille et des repères essentiels. Dans ce libre propos, Carmen Ndaot tire la sonnette d’alarme et interpelle parents, éducateurs et décideurs sur une urgence trop longtemps ignorée : protéger la jeunesse gabonaise des dérives incontrôlées des réseaux sociaux. Lecture. 

Alerte Rouge sur nos Écrans : Sauver notre Jeunesse des Griffes des Réseaux Sociaux

À vous, parents, éducateurs, citoyens conscients de l’avenir de notre nation, je m’adresse aujourd’hui avec une profonde inquiétude. Nos enfants, notre jeunesse, sont en danger. Victimes d’une addiction silencieuse, ils se noient dans l’océan numérique des réseaux sociaux, un océan qui, loin de les enrichir, les engloutit peu à peu.

Ces outils, nés outre-Atlantique, initialement conçus pour la recherche et l’optimisation, se sont transformés en armes de destruction massive pour nos jeunes. Facebook, TikTok, Snapchat, Instagram… autant de plateformes dont ils maîtrisent les codes, déjouant l’attention des adultes et s’enfermant dans un monde virtuel qui les coupe de la réalité.

Nos enfants sont prisonniers d’internet. Des heures interminables passées devant leurs écrans, souvent jusqu’à l’aube, à consommer des contenus inappropriés, violents, sexuels, incitant au suicide ou à la cybercriminalité. Les conséquences sont désastreuses : troubles psychologiques, isolement, perte de repères et une dégradation alarmante de leur santé mentale et physique.

Notre système éducatif, autrefois pilier de notre société, est lui aussi touché. L’accès facile à internet est devenu une excuse pour ne plus apprendre, pour ne plus lire. Les manuels scolaires sont délaissés, les dictionnaires oubliés. Nos enfants ne savent plus lire, ne veulent plus lire, ne s’intéressent plus à la connaissance. Ils s’évadent du monde réel, perdant les notions essentielles de vie de famille, d’éducation, de cohésion et de respect des aînés.

Mais sont-ils les seuls coupables ? Non. Trop de parents se sont laissés dépasser, submergés par l’impétuosité de leurs enfants et par leur propre addiction aux réseaux sociaux. Comment expliquer qu’un enfant de 10 ans possède un téléphone portable personnel ? Qu’il ait accès à des contenus dangereux ? Qu’il passe des nuits blanches devant son écran ?

Bien sûr, l’adaptation à l’évolution du monde est nécessaire. Le numérique peut être un outil formidable, une source d’opportunités. Mais à quel prix ? Pendant que nous nous laissons bercer par l’illusion du progrès, des pays comme la Chine, le Danemark et bientôt la France, ont pris conscience du danger et ont décidé de réglementer l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes.

L’Afrique, trop souvent considérée comme le dépotoir de l’humanité, accepte tout sans discernement, reniant ses valeurs, ses traditions, sa morale. L’Intelligence Artificielle (IA), nouvelle lubie numérique, est devenue le compagnon de jeu de nos enfants, sans que nous mesurions les conséquences à long terme.

Il est temps d’agir. Il est temps de protéger notre jeunesse. Il est temps de légiférer pour limiter et encadrer l’utilisation des réseaux sociaux. Inspirons-nous des exemples étrangers : 

  • ⁠Majorité numérique fixée à 15 ans.
  •  Protection des mineurs par un contrôle strict des plateformes et un « couvre-feu » numérique de 22h à 8h pour les 15-18 ans.
  • Responsabilité des utilisateurs sur leurs publications (diffamation, injures, fausses nouvelles…).
  •  Droit à l’oubli renforcé pour les mineurs, permettant de supprimer des contenus publiés avant leurs 18 ans.
  •  Obligation pour les plateformes de mettre en place des mécanismes de signalement de contenus illicites et de lutter contre le cyberharcèlement.

Nous voulons une jeunesse équilibrée, responsable, engagée dans le développement de notre pays, tout en respectant ses principes et valeurs culturels. Quel avenir laisserons-nous à nos enfants si les nouvelles technologies ne servent qu’à détruire leur avenir et celui de notre nation ?

J’appelle les représentants du peuple à prendre conscience de l’urgence de la situation. Protéger notre jeunesse, c’est garantir l’avenir du Gabon.

Carmen Ndaot 

Femme politique, ancienne ministre.

Gabon Media Time

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