Ali Bongo Ondimba : «Je ne briguerai plus de mandat national»
À l’occasion du 58ᵉ anniversaire du Parti démocratique gabonais (PDG), célébré le 12 mars 2026, Ali Bongo Ondimba a livré un discours à forte portée politique. L’ancien président de la République y annonce clairement qu’il ne briguera plus de mandat national, tout en réaffirmant sa légitimité à la tête du PDG et en appelant à une refondation du parti dans le respect de la légalité statutaire.
Le 12 mars 1968 marque la naissance du Parti démocratique gabonais, fondé par le président Omar Bongo Ondimba. Cinquante-huit ans plus tard, cette date symbolique intervient dans un contexte particulier pour la formation politique longtemps dominante au Gabon. Dans un discours adressé aux militants et sympathisants, Ali Bongo Ondimba a tenu à replacer cet anniversaire sous le signe de la vérité et de la reconstruction politique.
Prenant la parole depuis l’étranger où il poursuit des soins médicaux, l’ancien chef de l’État est revenu sur les événements consécutifs au coup d’État du 30 août 2023 et sur la crise interne qui secoue actuellement le PDG. Mais c’est surtout une déclaration forte qui a marqué son intervention : « Je ne briguerai plus de mandat national », a-t-il affirmé, mettant ainsi un terme aux spéculations sur un éventuel retour personnel dans la compétition politique nationale.
Une clarification sur son avenir politique
Dans son discours, Ali Bongo Ondimba a expliqué que cette décision est « mûrement réfléchie, pleinement assumée et irréversible ». Pour lui, cette nouvelle posture correspond désormais à une autre étape de son engagement politique.
Après plusieurs décennies passées au sommet de l’État et à la tête du PDG, l’ancien président affirme vouloir consacrer son action à la transmission et à l’accompagnement d’une nouvelle génération de responsables politiques.
« Mon temps n’est plus celui de la conquête personnelle. Mon temps est celui de la transmission », a-t-il déclaré, indiquant vouloir mettre son expérience au service de la reconstruction du parti et de la formation de nouveaux cadres politiques.
Une bataille interne toujours ouverte au PDG
Si Ali Bongo annonce renoncer à toute ambition électorale nationale, il n’entend pas pour autant abandonner la direction du Parti démocratique gabonais. Il rappelle qu’il demeure, selon lui, le président légal du parti depuis le congrès de 2009 et qu’il n’a jamais démissionné de cette fonction.
L’ancien chef de l’État conteste notamment la légitimité du directoire mis en place en mars 2024, qu’il qualifie de direction constituée en violation des statuts du parti. Selon lui, les décisions prises depuis cette date sont « nulles et non avenues ».
Dans ce contexte, Ali Bongo appelle au retour à la légalité statutaire afin de permettre une réorganisation du PDG et la tenue ultérieure d’un congrès régulier.
Le PDG appelé à se réinventer
Au-delà de la crise interne, l’ancien président esquisse également une perspective pour l’avenir du parti. Il évoque la nécessité d’une refondation politique qui passerait notamment par une réforme des statuts permettant de dissocier la présidence du parti de la désignation du candidat à l’élection présidentielle.
L’objectif, selon lui, est de favoriser l’émergence de nouvelles figures politiques capables de porter les couleurs du PDG lors des prochaines échéances électorales.
Entre transmission générationnelle, bataille pour la légalité interne et repositionnement dans un paysage politique profondément transformé depuis la transition, le discours du 12 mars marque une nouvelle étape dans l’histoire du Parti démocratique gabonais. Reste désormais à savoir si cette orientation permettra à l’ancien parti au pouvoir de se reconstruire durablement dans le Gabon post-30 août.










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