Affaire Libama et Ndong Edzo : le FDS exige leur libération et dénonce une criminalisation du syndicalisme

Réuni ce dimanche 25 janvier 2026 à Louis, devant une salle comble de militants et sympathisants, le Front démocratique socialiste (FDS) a haussé le ton contre l’incarcération à la prison centrale de Libreville des syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo. Dans un discours offensif, son président Anges Kevin Nzigou a exprimé un « soutien total et indéfectible » aux deux figures du mouvement ouvrier, exigeant leur libération « inconditionnelle » et dénonçant une réponse pénale à une crise sociale.
Au cœur de l’allocution, un message : l’arrestation de syndicalistes n’est pas un simple épisode sécuritaire, mais un signal politique. « Arrêter un syndicaliste, ce n’est jamais un simple acte administratif ou sécuritaire : c’est une atteinte directe à la liberté », a déclaré Anges Kevin Nzigou, estimant que cette pratique renvoie à des « méthodes que notre peuple a trop longtemps subies ».
Pour le FDS, la détention de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, dans un contexte de tensions au sein du secteur éducatif, illustre une dérive préoccupante : substituer la contrainte judiciaire au dialogue social. Une orientation que le parti juge incompatible avec l’esprit de la Transition et les promesses de refondation de l’État.
« On peut être retraité et rester syndicaliste » : la charge contre la stigmatisation
Dans un passage particulièrement appuyé, Anges Kevin Nzigou a aussi répondu à l’un des arguments fréquemment avancés dans le débat public : la légitimité de figures syndicales retraitées. « On peut être retraité et rester syndicaliste », a-t-il martelé, rappelant que l’action syndicale n’est ni un emploi, ni une fonction conditionnée à une fiche de paie, mais « un engagement, une conscience, une mémoire vivante des luttes sociales ».
Le FDS y voit une tentative de disqualification politique de leaders historiques, assimilée à une volonté de réduire l’espace de contestation sociale. « Les droits syndicaux n’ont pas de date de péremption », a insisté le président du parti, dénonçant une conception « étrangement sélective de la démocratie ».
Libama et Ndong Edzo, “mémoire vivante” du mouvement syndical
Le président du FDS a tenu à inscrire les deux hommes dans une continuité historique, au-delà de l’actualité immédiate. Selon lui, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo n’ont pas « découvert la lutte sociale » à la retraite. Leur combat est décrit comme antérieur aux régimes, aux ministres et aux cycles politiques, porté par une constance qui dérange précisément parce qu’elle échappe aux logiques de circonstance.
Réprimer ces voix, a averti Anges Kevin Nzigou, reviendrait à « tenter d’effacer l’histoire » et à faire croire que la justice sociale aurait « une date de péremption ». Une formule qui, dans la salle, a été reçue comme un acte d’accusation plus large contre la tentation d’un retour aux réflexes autoritaires.
L’appel à Oligui Nguema et l’exigence d’une sortie politique
Sans chercher la rupture, le FDS revendique une posture de vigilance. Mais sur ce dossier, le parti fixe une exigence nette : la libération des syndicalistes et le retour au dialogue. Anges Kevin Nzigou a lancé un appel direct au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’invitant à « être en première ligne » pour désamorcer une crise qui menace, selon lui, la crédibilité même de la Transition.
En filigrane, le message est clair : la refondation ne se décrète pas à coups d’arrestations. Elle se mesure à la capacité de l’État à traiter les revendications sociales avec responsabilité, sans confondre contestation et subversion.
Un avertissement sur le coût démocratique de la répression
En plaçant la détention de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo au centre de son discours, le FDS entend faire de cette affaire un marqueur politique. Pour le parti, l’enjeu dépasse la défense de deux hommes : il s’agit de préserver un principe, celui de la liberté syndicale, pilier d’une démocratie vivante et contre-pouvoir légitime dans une République qui se veut nouvelle.
À Louis, le FDS a donc choisi de parler fort, non pour rompre, mais pour alerter : si la nouvelle répond à la crise sociale par la prison, elle s’expose à payer un prix démocratique élevé.








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