Affaire Arsène Nkoghe : un ancien candidat déplore une pression Judiciaire et une mise à mal de la démocratie
Les ondes de choc des élections de septembre 2025 continuent de faire vibrer le 5e arrondissement de Libreville. Au cœur de la tempête : le procès opposant Élie Nazaire, ancien président de la commission électorale, à Arsène Nkoghe, candidat de l’Union des Bâtisseurs (UDB). Pour Frédérick Ngome, tête de liste des Sociaux Démocrates Gabonais (SDG), cette affaire dépasse le simple cadre d’un différend privé ; elle interroge la santé même de la démocratie gabonaise.
Une qualification juridique contestée
Le nœud du litige repose sur l’accusation d’outrage à magistrat. Or, Frédérick Ngome apporte une nuance de taille : au moment des faits, Élie Nazaire n’agissait pas en tant que juge, mais en tant qu’administrateur électoral. « Si l’on confond fonction administrative électorale et fonction juridictionnelle, on ouvre un débat juridique sérieux », prévient le cadre des SDG.
Pour lui, criminaliser la contestation des résultats, dans un contexte marqué par des soupçons de procès-verbaux modifiés, risque de créer un précédent dangereux où la critique du processus électoral est assimilée à une attaque personnelle.
L’ombre d’une manœuvre d’intimidation
Pourquoi seul Arsène Nkoghe est-il visé alors que plusieurs candidats ont dénoncé des irrégularités ? Cette question alimente, selon M. Ngome, une perception populaire de « règlement de comptes politiques ». Le recours à la voie pénale est jugé disproportionné par rapport à l’enjeu : la transparence électorale.
Le candidat des SDG y voit un signal d’alerte, il s’agirait d’empêcher toute contestation future de la gestion électorale mais surtout d’affaiblir les figures de l’opposition locale par la voie judiciaire plutôt que par les urnes.
Refuser « l’élimination judiciaire »
Interrogé sur l’éventuel avantage politique qu’il pourrait tirer d’une condamnation de son adversaire en vue de 2030, Frédérick Ngome est catégorique : il rejette toute politique de la terre brûlée. « Je préfère gagner face à un adversaire debout que profiter d’une absence imposée », affirme-t-il, rappelant que la crédibilité d’une élection repose sur la loyauté de la compétition.
En conclusion, l’appel de Frédérick Ngome est celui de l’apaisement. Pour que le 5e arrondissement retrouve sa sérénité, la priorité ne doit plus être aux « procès spectaculaires », mais à la sécurisation des mécanismes de vote. La démocratie locale ne peut se construire que sur la vérité des urnes et le respect du droit à la critique.










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