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Zone des trois frontières : Kyé-Ossi confronté à la corruption et aux frais de douane excessifs

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La zone de Kyé-Ossi, carrefour stratégique reliant le Cameroun, le Gabon et la Guinée Équatoriale, est devenue le poumon du commerce transfrontalier en Afrique Centrale. Cependant, selon une étude récente relayée par Business in Cameroon, cette région est en proie à deux fléaux majeurs : une corruption endémique et des frais de douane jugés prohibitifs, menaçant ainsi la viabilité du commerce local.

Malgré les accords de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) qui prévoient la libre circulation des biens et des personnes, la réalité sur le terrain s’avère bien différente. Les commerçants, responsables de l’approvisionnement en produits alimentaires et de première nécessité, dénoncent une multiplication des « faux frais » qui alourdissent leurs charges.

Des contrôles routiers abusifs

Des contrôles routiers incessants et des demandes illégales de « motivation » par certains agents douaniers contribuent à faire grimper le coût des trajets, qui peut même doubler avant l’arrivée sur le marché. Cette situation pousse de nombreux acteurs à recourir à des stratégies d’évitement, se tournant vers des voies de contournement qui alimentent les circuits illicites. 

Les conséquences sont lourdes : face à des droits de douane excessifs, la tendance est à l’inflation, car ces coûts supplémentaires sont systématiquement répercutés sur les prix finaux, impactant directement le pouvoir d’achat des populations locales, qu’elles soient à Bitam au Gabon ou à Ebibeyin en Guinée Équatoriale.

Ce climat de blocage au sein du hub des trois frontières représente un signal alarmant pour la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Tant que les barrières non tarifaires, telles que la corruption et le harcèlement, ne seront pas levées, même les meilleures infrastructures physiques ne pourront dynamiser les échanges commerciaux de manière significative.

L’enjeu est donc devenu politique. Il est crucial de passer des discours sur l’intégration à une véritable sécurisation des couloirs commerciaux. La digitalisation des paiements douaniers pourrait être une solution efficace pour limiter les contacts physiques, considérés comme le terreau fertile de la petite corruption. Seule une approche déterminée et concertée permettra de relancer les échanges et de soutenir le développement économique dans cette région stratégiquement importante de l’Afrique Centrale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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